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Cese : l’avis sur la compétitivité agricole a été adopté

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Un avis sur les leviers de la compétitivité agricole, présenté le 24 janvier par Jacques Pasquier, agriculteur membre de la Confédération paysanne, a été voté au Conseil économique, social et environnemental (Cese). Dans ce rapport, l’auteur considère le travail comme une ressource plus que comme un coût.

Un avis intitulé Quels leviers pour renforcer la compétitivité de l’agriculture et de l’agroalimentaire français ? a été voté en plénière au Cese le 24 janvier à 122 voix pour, 31 contre, et 15 abstentions. Il étudie différents leviers : davantage valoriser le travail en tant que ressource et non plus seulement comme un coût, promouvoir les aménités des systèmes de production, lutter contre les distorsions de concurrence déloyales, améliorer le fonctionnement des filières pour mieux répartir la valeur ajoutée, valoriser les démarches s’appuyant sur la diversité des terroirs. « L’emploi est d’abord créateur de valeur ajoutée et de richesse collective. À l’inverse, la hausse du chômage génère des coûts qui, notamment via les dispositifs de protection sociale, pèsent inévitablement sur la collectivité », constate le rapporteur.

Priorité à la reconquête du marché intérieur

Ce dernier estime que la priorité est la reconquête du marché intérieur. Exemple : une plus grande autosuffisance en matières premières riches en protéines pour le bétail. « Il faut d’abord produire ce en quoi nous sommes déficitaires », souligne-t-il. Interrogé par Agra le 25 janvier, l’auteur évoque des mesures dans des domaines précis : la production de protéines pour l’alimentation humaine pourrait faire l’objet de soutiens couplés. « La culture des pois et féveroles pour l’alimentation animale est bien soutenue par des aides directes, pourquoi pas celle des lentilles pour l’alimentation humaine ? D’autant qu’une partie de la population se détourne des produits d’origine animale au profit des protéines végétales ».

Les soutiens peuvent aussi revêtir la forme d’information du consommateur sur ces modes alimentaires alternatifs. Ils peuvent aussi se matérialiser par des mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC) plus orientées vers l’autonomie de l’agriculture et avec des mécanismes de calculs moins centrés sur les surcoûts de cette agriculture. Enfin, le droit européen de la concurrence devrait être modifié pour tolérer l’approvisionnement local, ce qui n’est pas le cas actuellement. C’est ainsi que 90 % de la volaille consommée par la restauration hors domicile sont d’origine importée.

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Jacques Pasquier a cité quelques pistes d’initiatives à soutenir : des clubs de variétés originales de pommes sans résidus de pesticides, les poulets de Loué élevés en liberté et alimentés en grande partie avec des cultures locales, la production de blé à haute teneur en protéines.

« Les pois et féveroles pour l’alimentation animale sont soutenus par des aides directes, pourquoi pas les lentilles pour l’alimentation humaine ? »

La plupart des votes « contre » sont issus du syndicalisme agricole majoritaire

La plupart des 31 votes « contre » sont issus du collège « entreprises » et viennent en l’occurrence du syndicalisme agricole majoritaire. De nombreux votants contre l’avis sont présidents ou vice-présidents d’organisations professionnelles ou de chambres d’agriculture. Les coopératives (pas seulement agricoles, par exemple les coopératives de consommateurs) se sont abstenues. De nombreux votes ont été orientés pour des raisons de discipline de groupe et non pas en rapport avec le contenu du rapport, selon Jacques Pasquier. Ceux qui ont voté favorablement sont les membres des collèges de salariés, des mutualités de santé et de consommateurs.