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Chambres : les négociations salariales bloquées, dénonce la CFDT

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La FGA-CFDT demande à rouvrir les négociations salariales dans les chambres d’agriculture, bloquées selon elle par les employeurs. Selon le syndicat, la faible progression des rémunérations démotive les salariés, provoquant des « hémorragies » dans certains établissements.

« Les employeurs du réseau des chambres d’agriculture viennent de refuser d’ouvrir des négociations sur le pouvoir d’achat et les salaires », dénonce la FGA-CFDT dans un communiqué le 8 novembre, et ce « malgré une demande unanime des organisations syndicales ».

Deux instances sont compétentes pour la rémunération des salariés des chambres, rappelle Annabel Foury, secrétaire nationale de la FGA-CFDT, à Agra Presse. D’un côté la Commission nationale de concertation et de propositions (pour les négociations annuelles obligatoires) ; et de l’autre la Commission nationale paritaire (présidée par le ministère de l’Agriculture), qui doit se réunir chaque année avant fin juin pour fixer la valeur du point. « La réunion de juin s’est tenue, mais elle a débouché sur zéro car les employeurs ont proposé zéro », explique l’élue de la CFDT.

« Première étape » avant d’éventuelles actions

Une autre réunion le 3 novembre, dans le cadre des négociations annuelles, s’est elle aussi soldée par un refus, selon elle. Les syndicats demandent désormais de « rediscuter des salaires, de la classification et des niveaux de salaires », précise Annabel Foury. « De notre côté, nous avons demandé au ministère de réunir la commission nationale paritaire avant la fin de l’année pour reparler de la valeur du point. »

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Alors que le Smic a progressé de 2,2 % au 1er octobre et que le coût de la vie augmente ces dernières semaines, la CFDT demande une augmentation qui « compense l’inflation ». Et de rappeler dans son communiqué que les salariés des chambres ont bénéficié d'« une seule augmentation collective depuis 2012 », ainsi que d’une augmentation du point de « seulement 0,8 % » en 2018, « notamment pour compenser l’augmentation de la CSG ». Entre 2013 et 2020, « le cumul des inflations moyennes annuelles est de 6 % », estime le syndicat de salariés. D’après le syndicat, « un ingénieur débutant gagne 1 508 € net » et un technicien spécialisé ou une assistante « 1 323 € net ».

Au-delà – où à cause – des questions salariales, la CFDT estime qu' « en cet automne, le climat social se dégrade » dans les chambres, provoquant « un départ des compétences, voire […] une hémorragie dans certains établissements ». L’avertissement lancé par la CFDT constitue « une première étape » avant d’éventuelles actions encore à déterminer, prévient Annabel Foury. Sollicitée par Agra Presse, l’APCA n’a pas répondu à l’heure où ces lignes sont écrites.

Un ingénieur débutant gagne 1508 € net, selon la CFDT