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Coopérative/Résultats Champagne Céréales affiche de solides performances

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Malgré la faiblesse des volumes, la forte volatilité des cours et le ralentissement économique, Champagne Céréales affiche des performances très encourageantes. Pour l’exercice 2007-2008, le groupe coopératif a vu son chiffre d’affaires progresser de 44% à 1,828 milliard d’euros pour un résultat net consolidé qui atteint 27,9 millions d’euros. Laurent Jubert, directeur général de Champagne Céréales précise que ces résultats reflètent deux réalités : une coopérative affaiblie par une collecte fragilisée et des filiales agro-industrielles confortées par une stratégie d’innovation et par des opérations de croissance externe.

« Les résultats du groupe sont à la hauteur de nos objectifs avec notamment une marge brute de 73,3 millions d’euros soit une progression de 68,5% par rapport à l’exercice 2006-2007 mais ces résultats doivent être nuancés », souligne Laurent Jubert, directeur général de Champagne Céréales. « En aval, les filiales agro-industrielles ont été performantes grâce aux opportunités de croissance mais en amont, la coopérative a souffert d’une collecte en baisse de 2,3% et de la volatilité du prix des matières premières ». Sur son exercice clos au 30 juin 2008, le groupe coopératif du grand quart Nord-Est a réalisé un chiffre d’affaires de 1,828 milliard d’euros, en hausse de 44% grâce aux opérations de croissance externe réalisées par Malteurop, Nutrixo ou Champagne Maïs. Le résultat net consolidé atteint 27,9 millions d’euros contre 34,5 millions d’euros lors de l’exercice précédent. Rappelons que Champagne Céréales avait bénéficié l’année dernière des profits exceptionnels liés au retour de Chamtor dans son périmètre.

Une croissance soutenue par les filiales agro-industrielles

Selon Laurent Jubert, « les filles sont devenues plus grandes que leur mère ». Les filiales agroalimentaires de Champagne Céréales ont été très actives sur leurs marchés sous l’égide de la holding Siclae. Nutrixo a ainsi augmenté de 10% ses capacités de production et a enregistré une hausse de 22% de son chiffre d’affaires passant de 849 millions d’euros à 1,041 milliard d’euros. La filiale exerce deux métiers : d’une part, la production et la vente de farine en France sous la marque Francine et d’autre part, la boulangerie viennoiserie pâtisserie distribuée notamment via 500 points de vente dans son réseau international Délifrance. La filiale a été confrontée à la hausse des prix du pétrole et des matières premières avec un impact potentiellement négatif de 200 millions d’euros. Pour y remédier, l’entreprise a centralisé ses achats et fait appel au marché à terme avec l’ouverture d’un compte pour chacune des entités et la mise en place de procédures de contrôle. Quatre moulins ont été fermés mais les acquisitions des Moulins de Surgères (automne 2007), du Moulin du Bos, du Moulin de Montluçon au printemps 2008 et surtout des Grands Moulins Maurel implantés à Marseille Cf Agra Alimentation n°2015 du 10/04/2008 p.17/18 ont compensé ces pertes.

Autre moteur de la croissance de Champagne Céréales, Malteurop est devenu le numéro un mondial du malt. Au cours de l’exercice 2007-2008, les ventes de Malteurop ont progressé de 4% à 1 130 000 tonnes et le résultat consolidé s’établit au dessus des objectifs grâce à l’acquisition d’ADM Malt, cinquième malteur mondial et au rachat de Belgorsolod, début septembre, permettant à Malteurop d’occuper une position forte en Russie, second marché européen. Le groupe a mis en service une nouvelle unité de production à Séville, en Espagne, et a engagé des projets de construction d’une troisième malterie en Ukraine et une extension d’une usine en Pologne d’ici à fin 2009. « Le dynamisme du malteur s’explique par une augmentation annuelle de 5% de la consommation de bière à l’échelle mondiale. Les grands brasseurs cherchent à sécuriser leur approvisionnement en malt et maîtriser leurs coûts », précise Laurent Jubert. Rappelons que le marché mondial de la bière tend à se structurer fortement autour de quelques opérateurs. Les quatre premiers brasseurs pèsent 52% du marché (Anheuser Busch-Inbev, SabMiller, Heineken, Carlsberg) tandis que les quatre premiers malteurs pèsent 31% du marché (Malteurop, Soufflet, Cargill et UMH).

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Enfin, Champagne Maïs s’est distingué avec le rachat de 80% des parts de capital du maïsier polonais Newcorn d’une capacité de 70 000 tonnes par an confortant ainsi sa position parmi les leaders européens de la transformation du maïs. Champagne Maïs a conservé ses grands clients et a enregistré une hausse de 5% du volume des ventes. Son chiffre d’affaires a progressé de 36% à 29,7 millions d’euros dont 35% en France, 40% en Europe et 25% au grand export. « Notre stratégie de croissance externe s’explique par la nécessité d’accompagner le développement de nos clients sur les marchés émergents », explique le directeur général de Champagne Céréales.

Consolider l’amont et se mettre au vert

Pour 2009, les prévisions économiques auront nécessairement des répercussions sur les activités de Champagne Céréales. Laurent Jubert se montre rassurant : « Nos structures sont bien préparées pour faire face à la crise économique. Mais la baisse de la consommation est notre principale source d’inquiétude. Pour protéger nos activités, nous misons sur la solidité de nos contrats à long terme ». D’après le directeur général de Champagne Céréales, les opérations de croissance externe devraient se poursuivre mais compte tenu des aléas de la conjoncture économique, du désordre financier et de l’atonie de la demande, le groupe coopératif semble vouloir se replier sur une logique de consolidation de l’amont en misant sur la recherche et le développement pour améliorer les rendements agricoles. « Nous allons focaliser sur la production », affirme Laurent Jubert avant de rappeler que le volet environnemental sera au cœur des initiatives du groupe en matière d’investissement. Citons le projet Futurol Cf Agra Alimentation n°2042 du 27/11/2008 p.24 auquel participe le groupe coopératif pour développer les biocarburants de deuxième génération.