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Grandes cultures Champagne céréales augmente son chiffre d’affaires malgré la crise

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Face à une campagne 2008/2009 chahutée, Champagne céréales s’en est bien sorti. La coopérative enregistre un résultat en hausse de plus de 50 %, tandis que le groupe affiche un chiffre d’affaires en augmentation de 37 %. Ce dernier reste toutefois fragilisé par un très fort endettement. La levée de fonds lancée dans le cadre de Siclaé devrait lui permettre de renforcer son capital. L’opération semble bien accueillie, malgré le manque de trésorerie dans les exploitations.

Un résultat de 16 millions d’euros en 2008/2009 contre 10,4 en 2007/2008. Indubitablement, la coopérative Champagne céréales se porte bien. Ces chiffres ont d’ailleurs été jugés « excellents » et « très supérieurs aux objectifs habituels » par Laurent Jubert, son directeur général, le 17 décembre, lors d’une conférence de presse, à l’occasion de l’assemblée générale du groupe à Reims. « Nous avons sur l’année une bonne maîtrise des coûts et de notre marge céréalière », a souligné le dirigeant. Le résultat négatif enregistré sur les activités ukrainiennes ne parvient pas à pénaliser la coop. Pourtant, les provisions réalisées pour parer à la dévaluation de la gryvna (monnaie européenne) sont à l’origine d’une perte de 11,4 millions d’euros. Les bons résultats de la coop l’autorisent à redistribuer 8 millions d’euros à ses adhérents. 50 % vont leur être reversés sous forme de ristournes, à raison de 1,6 million d’euros sur les produits phytos et de 2,6 millions sur les engrais. Le reste sera distribué sous forme de dividendes et d’intérêts aux parts.

Le résultat consolidé du groupe reste stable
Avec un chiffre d’affaires en hausse de 37,4 % par rapport à la campagne précédente, le groupe Champagne céréales, qui inclut le pôle industriel en plus de la coop, n’a pas à rougir de ses performances. « La croissance est extrêmement forte, s’est félicité Laurent Jubert. Notre chiffre d’affaires atteint 2,5 milliards d’euros contre 1 milliard en 2005 ». Bémol tout de même : le résultat consolidé s’affiche stable par rapport à 2007/2008, à 28 millions d’euros. « Nous avons eu des coûts liés à notre croissance externe auxquels s’est ajoutée une dévaluation de nos actifs en Pologne et en Russie », a précisé le directeur général. Autre grain de sable : à 1,3 milliard d’euros, la dette du groupe dépasse largement les fonds propres, évalués à 395 millions.

L’ouverture du capital de Siclaé pour renforcer les fonds propres du groupe
Pour se renflouer, Champagne céréales compte notamment sur l’ouverture du capital de Siclaé annoncée le 16 novembre. La structure abrite les activités industrielles du groupe, qu’il détient avec quatre autres entreprises, EMC2, Nouricia, les coopératives de Sézanne et de La Champagne à Coligny. Agriculteurs et salariés des différentes sociétés ont jusqu’au 26 février pour se décider à prendre des actions. Le ticket d’entrée est à 550 euros, pour un plafond fixé à 55 000 euros. Les actions pourront ensuite être échangées de gré à gré ou via une plateforme élaborée avec le Crédit agricole. Le système est bordé : une société a été créée pour garantir une contrepartie à tous les éventuels vendeurs d’actions, tandis que le conseil de surveillance pourra exercer un droit de véto si un actionnaire détient plus de 4 % du capital. Deux fois par an, des experts indépendants calculeront la valeur de Siclaé sur la base de critères « objectifs et réels ».

« Un évènement rural »
Compte tenu du contexte économique et des difficultés de trésorerie des agriculteurs, les dirigeants de Champagne céréales ne sont pas sûrs de parvenir à lever par ce biais les 107 millions d’euros prévus, un montant élevé au regard du capital actuel de Siclaé qui pèse 140 millions d’euros. « Nous n’avons pas décidé d’arrêter le mouvement car il s’agit plus d’une stratégie de patrimoine que de spéculation », a précisé Pascal Prot, président de Champagne céréales. L’objectif est de toucher un maximum de personnes, soit 10 000 à 20 000 sur les 32 500 concernées. « Quand on est propriétaire en direct de quelque chose, on s’en préoccupe davantage », a expliqué Pascal Prot. Les coopératives elles-mêmes compléteront la levée de fonds. Crise ou pas, l’opération semble rencontrer un écho favorable dans les campagnes. « C’est un évènement rural ! », a affirmé Dominique Dutartre, directeur général adjoint du groupe. L’opération devrait quoi qu’il en soit contribuer à renforcer le groupe. Ce qui sera bien utile pour affronter la campagne en cours. Tout en restant confiant sur les perspectives de résultat, Laurent Jubert s’attend « à ce que ce soit plus dur sur 2009/2010 ». Notamment parce que le marché des céréales n’offre pas les mêmes potentiels de gains que les deux années précédentes.

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