Les bons prix ne satisfont pas forcément les dirigeants de Champagne céréales, qui regrettent la baisse de la collecte. L’heure est toujours pour eux à la réduction des coûts, qui va passer notamment par la filialisation de leur activité de transports. Mais ils comptent également sur une relance de la production… Indissociable d’une généralisation de la certification.
Quelque 11,4 millions d’euros, voilà le résultat net de la coopérative Champagne céréales pour l’exercice 2006/2007. Un chiffre qui s’affiche en hausse de presque 12 % par rapport à l’exercice précédent. Les dirigeants de la coopérative ne s’emballent pas pour autant. « Depuis plusieurs années, le contexte est difficile, car la collecte est à la baisse », a observé Pascal Prot, président de Champagne Céréales, en conférence de presse le 17 décembre à Reims. Elle monte à 2,23 Mt en 2007, contre 2,38 Mt en 2006. Or, « une coopérative vit sur les volumes, pas sur les prix », a souligné le président de l’entreprise. Elle est donc obligée de réduire ses charges. Depuis 2002, la coopérative augmente sa productivité d’environ 4 % par an : 2 % sont liés à la lutte contre l’inflation… Et 2 % à la baisse des coûts. C’était par exemple l’un des buts de la création mi-2006 de Sévéal, qui achète les produits phytos et les semences destinés à Cohésis, EMC2 et Champagne céréales.
Réduire les charges
La coop compte poursuivre cette stratégie de réduction des charges, notamment en filialisant son activité de transports de marchandises. Agriliance, filiale à 100 %, va donc reprendre à partir du 1 er janvier prochain la totalité des activités de transport et d’entretien du matériel roulant de la coopérative. Elle a vocation à étendre son activité, puisque les dirigeants de Champagne céréales souhaitent qu’idéalement, elle travaille à 50 % pour la coopérative, et à 50 % pour d’autres clients. « Nous voulons être le transporteur du monde agricole au niveau régional », a indiqué Laurent Jubert, directeur de la coopérative. Champagne céréales espère entre autres optimiser son transport routier, qui constitue aujourd’hui 75 % de ses besoins. Jusqu’à présent, une dérogation était par exemple nécessaire pour permettre aux camions ayant acheminé des graines de colza vers une usine de diester de revenir avec des tourteaux. « Nous étions étriqués dans notre statut de transporteur en compte propre », a expliqué Dominique Dutartre, directeur général adjoint.
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Miser sur la certification
Mais « on ne peut pas vivre 15 ans en diminuant les charges », a également rappelé Pascal Prot. L’objectif de la coopérative est donc aussi de relever la production agricole, qui diminue depuis 10 ans… Tout en intégrant les nouvelles contraintes apparues avec le Grenelle de l’environnement. « Malgré le Grenelle, la remontée des prix agricoles doit pousser les agriculteurs à augmenter leur consommation d’intrants », a résumé Dominique Dutartre. Les exploitants doivent penser à investir pour accroître les rendements, donc la marge à l’hectare. Pour rendre ce positionnement acceptable de l’extérieur, l’entreprise estime indispensable la certification des exploitations, afin que les « agriculteurs apparaissent extérieurement comme des professionnels », a précisé Pascal Prot. Le 14 septembre, Champagne céréales s’est engagé à emmener ses 6 000 adhérents dans l’agriculture raisonnée d’ici 2013. Le mouvement sera vraiment initié début janvier. La coopérative prévoyait au départ l’entrée de 250 agriculteurs dans la démarche. Mais « je pense que nous aurons très honnêtement plus de 1 000 demandes », a signalé Pascal Prot. Bien sûr, la coop suivrait le ministère de l’Agriculture si celui-ci proposait une nouvelle forme de certification. Pour Champagne céréales, le distributeur doit également entrer dans ce type de processus. « Nos armes, c’est la certification », a affirmé Pascal Prot.