Alors que les filières laitières de l’Europe n’ont toujours pas pris conscience qu’il leur fallait s’entendre sur une régulation pour assagir les marchés, les filières betteraves-sucre vont-elles montrer plus d’intelligence… économique ? Abordant la fin des quotas, les betteraviers et industriels français du sucre ont apparemment beaucoup d’atouts pour effectuer une sortie sans dégâts. Restructuration industrielle déjà faite, progrès technique prévisible, diversifications prometteuses, une recherche active, des économies possibles dans les exploitations : tous les agents économiques du secteur ont l’air à peu près préparés.
Cependant, si la situation des betteraviers diffère grandement de celle des laitiers, notamment par une plus forte cohésion des producteurs et un poids plus important des coopératives, il y a une ressemblance : tout va dépendre de la capacité des différents maillons à s’entendre. S’entendre sur un partage équitable de la valeur ajoutée et sur le refus d’une course à la production qui rejaillirait sur des prix en baisse.
Rien n’est gagné d’avance. Les négociations entre betteraviers et transformateurs ne sont pas toujours un long fleuve tranquille, les semaines récentes l’ont montré, ni la concurrence entre entreprises ou coopératives une promenade de santé. Mais on négocie, incités en cela par la réglementation européenne.
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La betterave a cependant un avantage conjoncturel sur le lait : au niveau mondial, le secteur sucrier devrait plus rapidement sortir de la récente chute des cours. Ceux-ci auront recommencé à grimper, sans doute, au moment même où les quotas seront supprimés.
C’est une chance à ne pas gâcher.