Conserverie > Outre 6 millions d’euros à Douarnenez, le fabricant des sardines Connétable inaugure en août une nouvelle usine « ultra-moderne » dans le sud du Maroc, au plus près de la ressource sardinière, pour un montant de 4 millions d’euros.
Cap sur l’investissement pour Chancerelle en 2018 : la conserverie familiale de Douarnenez (Finistère) a annoncé le 18 mai, qu’elle allait investir, cette année, pas moins de 6 millions d’euros sur son site français. « C’est deux fois plus qu’en 2017 », fait remarquer le p.-d.g. de l’entreprise Jean-François Hug, qui finance ces investissements sur fonds propres et par dette. « Ce montant va se répartir entre le développement, les conditions de travail et le matériel », précise-t-il. Ce qui entraîne aussi des embauches : une centaine de postes de travail devraient s’ajouter aux 725 salariés déjà basés à Douarnenez.
Une deuxième site au Maroc
Mais c’est au Maroc que l’entreprise mène un projet de grande ampleur. « Nous allons inaugurer en août une usine à Laayoune, dans le sud du Maroc », explique Jean-François Hug. Non pas une conserverie comme à Agadir où Chancerelle possède déjà l’usine Belma (50% de la production de Chancerelle), mais plutôt un atelier consacré à la première transformation de la sardine destinée à être mise en boîte. « A Laayoune, nous allons étêter et vider les sardines et les mettre dans la glace, puis les envoyer par camion vers notre site d’Agadir », détaille le dirigeant. « C’est une usine ultra-moderne qui fera travailler 130 personnes », précise Jean-François Hug.
La mise en place de cet atelier est surtout motivée par un souci de respect de la chaîne du froid et d’une traçabilité exemplaire. Mais aussi pour une question de proximité de la ressource, les sardines étant pêchées au large des côtes du Sahara occidental. L’installation sur place n’est toutefois pas une nouveauté puisque Chancerelle travaillait déjà à Laayoune avec un partenaire local, pour y effectuer les mêmes tâches, et a noué des partenariats avec 27 bateaux sardiniers.
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2017 a été marquée par une « croissance saine » pour l’entreprise familiale très attachée à son indépendance. Le chiffre d’affaires s’est élevé à 142 millions d’euros, pour une production de 150 millions de boîtes de poissons correspondant à 35 000 tonnes de matière première achetée. Même si la rentabilité est au rendez-vous d’année en année au niveau de l’entreprise, la marge a fâcheusement tendance à baisser pour les produits vendus en GMS. En France, Chancerelle a commercialisé 115 millions d’euros de produits à ses marques (Connétable pour l’essentiel) et en MDD. Leader de la sardine entière (37,1% de parts de marché) et avec 9,9% de parts de marché de la conserve de poisson (toutes espèces confondues), Chancerelle constate une valorisation du marché (+1,5% en 2017) mais des volumes qui stagnent.
L’innovation pour lutter contre la déflation
« Le marché de la conserve de poisson progresse grâce à l’innovation et au mix produit », selon Jean-François Hug. Chancerelle comme ses concurrents est confronté à une forte hausse des matières premières (+10% pour la sardine en 2017 et +30% pour le thon) et à une grande distribution intransigeante sur les prix. Chancerelle parie pour cela sur ses marques (70% de ses volumes), et surtout l’innovation. « Toutefois, cela reste complexe dans la conserve de poisson où le consommateur n’est pas prêt à des ruptures, mais plutôt à des évolutions vers la qualité des ingrédients », souligne Jean-François Hug. L’entreprise parie ainsi sur le Label rouge ou les poissons certifiés MSC, deux segments qui progressent. En mai, elle lance ainsi des sardines sans arrêtes et sans peau, en juin des filets de maquereaux au naturel Label rouge et en novembre un foie de morue au piment d’Espelette. « Nous développons aussi en interne un cahier des charges de pêche responsable qui exclut le thon capturé à l’aide de dispositifs de concentration de poisson », explique le chef d’entreprise.
Celui-ci doit toutefois faire face à une forte variation des volumes disponibles, ce qui influe sur sa production et entraîne régulièrement des ruptures. Pour ces raisons, Chancerelle reste prudent sur les perspectives 2018 : l’entreprise devrait faire des ventes identiques à 2017 sous réserve de la disponibilité de poissons correspondant aux critères édictés par le conserveur.