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Tables rondes du Gnis Changement climatique : la filière des semences apporte des réponses

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Par sa recherche et son innovation permanente, la filière des semences de céréales à paille et protéagineux apporte des réponses face au changement climatique. C'est l'un des messages lancés par le Gnis (interprofession), organisateur d'une série de tables rondes le 9 avril à Paris.

« Les variétés de maïs les plus modernes sont aussi les plus résistantes aux aléas climatiques », a déclaré Jean-Christophe Gouache, directeur des affaires internationales de Limagrain, soucieux de tordre le cou à une « fausse idée ». Cette affirmation repose sur une étude englobant 80 ans de sélection aux Etats-Unis. D'après lui, la même démonstration est apportée pour le blé.

Plusieurs réponses au changement climatique ont été mises en avant lors de la Rencontre du Gnis le 9 avril. Sur les problématiques de déplacement des zones de cultures, d'aléas et phénomènes climatiques plus extrêmes, de parasitisme accru, la filière des semences de céréales à paille et protéagineux s'est montrée capable de faire face. « L'amélioration des plantes a permis au maïs de conquérir de nouvelles zones de production », a rappelé Jean-Christophe Gouache, citant l'exemple de la seconde moitié du XXe siècle. « On saura faire, de nouveau », d'après lui. Il a relevé de nombreux travaux sur la tolérance à la chaleur et surtout au manque d'eau. « Des collègues américains ont engagé le processus de mise en marché de variétés de maïs résistantes au stress hydrique. » En matière de lutte contre la sésamie du maïs, papillon originaire d'Afrique, Jean-Christophe Gouache a mis en valeur la solution du maïs Bt, une variété transgénique. « En France, on en est réduit aux vieilles recettes de traitement chimique », a-t-il déploré, la culture d'OGM y étant interdite.

L'importance des biotechnologies

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« Dans le domaine de la recherche génétique, on nous barre l'accès à un tas de biotechnologies, a déploré Thierry Momont, président de la section céréales à paille et protéagineux du Gnis. Pourtant, les Français acceptent la fécondation in vitro, donnent de l'argent au Téléthon, soutiennent la recherche génétique à des fins médicales. L'homme peut servir de cobaye, mais avec la plante, c'est stop. » Tout en soulignant le progrès génétique issu de la sélection traditionnelle, la table ronde a mis l'accent sur l'intérêt de l'utilisation de toutes les technologies existantes. « En 30 ans, les rendements de la betterave ont été multipliés par deux et les apports d'azote réduits de 40 %, a relevé Jean-Christophe Gouache. L'efficience a donc été multipliée par quatre, ramenée à l'hectare. » D'après lui, beaucoup de travaux sont en cours sur l'efficience de l'utilisation de l'azote par le maïs, le blé, le riz. « La sélection classique a réussi par petits pas. La progression sera plus forte dans les dix/quinze ans à venir », a-t-il estimé, soulevant « la question de la possibilité d'utiliser toutes les technologies ». De nouvelles techniques de sélection permettent, selon lui, d'« aller plus vite, à moindre coût ».

Impliqué dans l'élaboration du plan Agriculture – Innovation 2025, le directeur général de l'Acta (réseau des instituts techniques agricoles) Philippe Lecouvey a quant à lui fait part d'un souci : « Arriver à dire que les biotechnologies ne sont pas associées aux OGM ».