Un accord, oui, mais pas à n'importe quel prix. Que Barack Obama tienne à signer l'accord de libre échange entre les Etats-Unis et l'Europe (TTIP) avant de quitter la Maison Blanche, c'est une chose, mais que l'Europe signe un mauvais accord c'est autre chose. Une évidence, mais qui va mieux en le disant clairement. Depuis longtemps déjà, de nombreuses voix s'élèvent pour mettre en garde contre un accord qui risquerait de mettre en péril la qualité de nos normes sanitaires européennes et donc la santé des consommateurs. En France, mais pas seulement, la crainte est grande de perdre tout ce qui fait la richesse de notre agriculture et de nos moyens de production, sans parler de toutes nos appellations et autres spécificités régionales, au nom d'avantages commerciaux qui pour l'Europe restent encore à prouver.
Dans ce contexte, quoi de plus réconfortant que d'entendre les dernières déclarations des politiques français. Nos gouvernants, qui jusqu'à maintenant ne s'étaient pas vraiment opposés au TTIP ont visiblement changé leur fusil d'épaule. C'est en tout cas ce qui ressort des propos de Matthias Fekl. Le secrétaire d'État français chargé du commerce, clairement opposé à une signature dans l'urgence, a même haussé le ton, parlant d'« un accord au rabais». Même son de cloche pour Stéphane Le Foll pour qui les conditions ne sont pas réunies pour une signature dans les semaines à venir. Quant à Manuel Valls, il a averti que l'accord ne pourrait aboutir en l'absence du maintien du niveau d'exigence de la France en matière de santé et d'environnement.
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Est-ce l'approche des élections ou une prise de conscience... tardive ?
S'il est démoralisant de se dire que tout cela relève peut-être plus d'une manoeuvre politique que d'une profonde conviction, croisons les doigts pour qu'une fois les élections passées, toutes les bonnes raisons qui font que le TTIP ne doivent pas être signé en l'état, restent prioritaires.