Bien qu’en redressement, la société Nutrimaine (Banania, Benco) se sépare de son président opérationnel, Pierre-Hervé Gautier, qui cède les commandes à Thierry Hénault, l’ancien patron de Ducros.
La société Nutrimaine, propriétaire des marques Banania et Benco depuis le LBO organisé en 2003 pour les racheter à Unilever avec l’appui de CDC Entreprises et d’Electropar, poursuit l’aventure mais sans Pierre-Hervé Gautier qui en avait organisé le montage. Thierry Hénault, l’ancien patron de Ducros, qui avait été appelé à la présidence du conseil de surveillance de la holding Nutrial, assume désormais la présidence du directoire de Nutrimaine à la place de P.-H. Gautier qui ne partageait plus les vues des actionnaires. Du coup, c’est un autre professionnel, Gérard Laloi, ancien p.-d.g. de Stoeffler et aujourd’hui président de Brasseurs de France, qui a été appelé à la rescousse pour présider le conseil de surveillance.
Après la revente de Yabon au groupe Valade (Fruiterroir) début 2005 Cf Agra alimentation n° 1 871 du 10.02.05 p. 20, l’entreprise a retrouvé d’emblée une situation plus favorable, et en a profité pour lancer à l’automne une évaluation comme pour une éventuelle cession. Ce tour de piste, assez normal pour une affaire contrôlée par des fonds d’investissement, n’a pas fait apparaître formellement de repreneur mais a suscité l’inquiétude des salariés qui ont même occupé la direction une nuit entière Cf Agra alimentation n° 1 906 du 24.11.05 p.23.
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Thierry Hénault, qui se retrouve ainsi en première ligne, n’évoque pas de désaccord stratégique sur les choix opérés, mais « une absence de cohésion des équipes au niveau opérationnel ».
Il se félicite que les actionnaires demeurent aux côtés de l’entreprise dont les perspectives ne peuvent que s’améliorer. Après deux années de résultat d’exploitation négatif, Nutrimaine finit 2005 avec un résultat positif de 403 000 euros pour un chiffre d’affaires de 30 M EUR. Et les budgets 2006 tablent sur un quasi-triplement du résultat courant avec un chiffre d’affaires stable. L’affaire a été certes amaigrie après la cession de Yabon et de son usine de Verneuil-sur-Avre, mais elle est beaucoup plus saine, vu les économies réalisées sur ses frais fixes, ses effectifs ramenés à 70 personnes et son recentrage sur les deux marques de petit déjeuner et la seule usine de Faverolles. Délibérément, l’entreprise a poussé les volumes de Banania et réduit un peu ceux de Benco (qu’elle relancera cette année), soit un total, MDD compris, de 9 000 tonnes, globalement stable. Et sur le marché des marques, Banania a maintenu sa position de n°3 derrière Nesquick et Poulain, avec une part de marché de 14,9 %, précise Thierry Hénault.