Tirer tous dans le même sens chez nous et chasser en meute à l’export, c’est tout le contraire des réflexes gaulois. Cela suppose confiance et dialogue, transparence et esprit de coopération, toutes choses que la première réunion du comité stratégique des industries agroalimentaires semble avoir pris comme ingrédients pour l’élaboration d’une véritable stratégie commune de retournement. Ce serait vraiment le signe d’un changement d’époque… si du moins les bonnes résolutions affichées aujourd’hui ne sont pas, comme souvent, vite submergées par l’usure et la dureté du temps que nous vivons. La présence des syndicats de salariés, le travail main dans la main d’un ministre chargé de l’Industrie et du ministre de l’Agriculture, notamment, sont des signes de bon augure. Le fait que des travaux se profilent sur la formation des prix dans un contexte d’extrême volatilité en amont, ou sur l’assouplissement des contraintes administratives, l’exemple d’autres comités pour lesquels un « médiateur » est sollicité entre donneurs d’ordre et sous-traitants sont également pleins de promesses. Il n’est pas envisageable en effet de continuer les guerres industrie-commerce à chaque négociation annuelle, ni de remettre celle-ci en cause en permanence, pas plus que les assauts de producteurs aux portes des usines ou les descentes musclées dans les magasins, si l’on veut reconquérir du terrain perdu sur la scène mondiale de l’agroalimentaire. Ce n’est pas qu’une question de méthode au fond.
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