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Chanvre : la filière européenne plaide pour un retour au taux de 0,3 % de THC dans la prochaine Pac

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La réforme de la Pac doit être l’occasion d’augmenter à 0,3 % la teneur en tétrahydrocannabinol (THC) des variétés de chanvre industriel cultivées en Europe afin de les améliorer, demande l’Association européenne du chanvre industriel (EIHA) qui représente les intérêts des agriculteurs et des industriels et compte actuellement quelque 130 membres de plus de 30 pays. Dans sa proposition pour les plans stratégiques après 2020, la Commission de Bruxelles prévoit que les variétés admissibles cultivées en Europe doivent être issues de graines dont la teneur en THC est inférieure à 0,2 %. Cette limite – dont l’objectif est d’établir une distinction entre le « chanvre » (industriel) et le « cannabis » (récréatif) – avait été fixée à 0,3 % de 1976 à 1999, et a été ensuite ramenée à 0,2 % pour tenter d’empêcher la culture illicite du cannabis (marijuana) dans les champs de chanvre industriel, rappelle l’EIHA, ajoutant qu’« aucun élément de preuve n’a encore été présenté pour confirmer l’efficacité de cette mesure ».

Amélioration qualitative et quantitative

Depuis lors, la valeur limite de 0,3 % est utilisée « dans le monde entier » alors que la filière européenne est tenue au seuil de 0,2 %, ce qui la désavantage par rapport aux producteurs de Suisse, d’Amérique du Nord, d’Asie et du Canada où les limites vont de 0,3 % à 1 %, souligne l’association professionnelle. Un problème qui, selon elle, « prendra encore plus d’ampleur dans les années à venir compte tenu de l’expansion du marché des produits alimentaires à base de chanvre ».

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Le taux de 0,3 % de THC « permettrait d’améliorer la qualité et la quantité des produits végétaux de manière substantielle », assure l’EIHA. Le nombre de variétés de chanvre disponibles sur le marché passerait d’environ 60 aujourd’hui à plus de 500, et elles seraient notamment plus résistantes aux maladies.

Sur le plan qualitatif, une limite plus élevée de THC réglerait le problème lié à la diversité phytogénétique en augmentant le nombre de variétés pouvant être plantées, fait valoir l’association, expliquant que les plantes de chanvre utilisées actuellement en Europe « sont le fruit d’un long processus de croisement qui fragilise considérablement le patrimoine génétique ».