Les régions disposent, depuis le 1er janvier, de la compétence économique. Qu'ont-elles prévu pour l'agroalimentaire ? Le pouvoir étant désormais local, chaque institution considère la filière avec plus ou moins de ferveur. Tour de France d'un pays qui se décentralise.
Voilà six mois que la loi NOTRe, comme Nouvelle organisation territoriale de la République, est entrée en vigueur. Les régions sont désormais seuls maîtres à bord pour le soutien aux entreprises et la formation professionnelle, avec la possibilité d'intervenir en haut de bilan et l'obligation de mettre en place un guichet unique pour clarifier leurs accompagnements. Notre enquête dans différents territoires révèle que nos entreprises ne seront pas traitées de la même manière d'une région à l'autre. Nos élus régionaux devront aussi s'entendre avec les groupements de communes, seuls compétents pour le soutien à l'immobilier d'entreprise, ainsi qu'avec les départements dépossédés de leur compétence économique.
SRDEII
Dans notre enquête auprès des élus régionaux métropolitains, certaines administrations ont été incapables d'apporter une réponse sur leur politique économique comme Paca ou la Corse. Toutes doivent rédiger leur feuille de route qui doit être formalisée, d'ici la fin de l'année, dans un document stratégique, le SRDEII, Schéma régional de développement économique, d'innovation et d'internationalisation. La Bretagne a publié ce document politique de référence depuis 2013, anticipant la loi ! Certains départements, en accord avec leurs Régions, ont préparé l'arrivée de la loi NOTRe. Celui des Landes pilotera son ambitieux technopole Agrolandes doté de 48,6 M€ sur la filière palmipèdes (voir Agra Alimentation du 7janvier 2016) en accord avec sa Région.
FORMATION
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Côté formation professionnelle, certaines affichent de très bons taux de placement quand d'autres doivent trouver des solutions pour remettre sur pied un système à la dérive comme Paca. « La Région consacrait 100 M€à laformation avec seulement 48 % des personnesformées qui retrouvaient un emploi », se scandalise Yannick Chenevard, vice-président chargé de l'emploi, de la formation professionnelle et de l'apprentissage en Paca où le chômage atteint 11,8 %. En Pays de la Loire, un millier de participants au « Grenelle de l'apprentissage » se sont mis d'accord sur 31 mesures concrètes. Le travail dévoilé récemment a déjà fait le tour des IFRIA régionales pour son caractère exemplaire.
FONDS PROPRES DES ENTREPRISES
Dans notre France aux PME chroniquement sous-capitalisées et au nombre insuffisant d'ETI, les régions peuvent désormais intervenir en haut de bilan. « Le soutien enfonds propres de nos entreprises fut une de nos premières priorités, souligne Jean-Pierre Raynaud, vice-président de la Nouvelle Aquitaine. Alors que nous travaillons sur notre plan stratégique de développement de l'économie, nous créons un fonds d'investissement avec BPI France (Banque publique d'investissement) qui pourrait être doté de 200 M€. Il aura notamment pour mission de soutenir les TPE-PMEpour les accompagner au stade d'ETI et les entreprises de transformation des produits de l'élevage ». Même les régions les plus urbaines se penchent sur le sujet. « Nous avons mis en place avec la BPI unfonds de garantie et d'aide à l'innovation, un dispositif de micro-prêts pour l'agroalimentaire de 10 000 € à 50 000 € pour les entreprises de moins de 50 salariés », assure Jérôme Chartier, vice-président en charge de l'économie et de l'emploi d'Ile-de-France.