Pour contrer la baisse de consommation observée sur les rayons viande des GMS et la fuite des volumes vers les produits élaborés, Charal lance une offre snacking. Participant à combler le retard pris par le rayon boucherie sur ce créneau, la gamme, baptisée Charal Snack, sera inaugurée par le burger frais micro-ondable. D’autres lancements devraient suivre.
L’avenir du rayon boucherie passe par le snacking. C’est du moins l’avis de Charal. En proie à un marché des viandes de boucherie en régression (-2,1 % en 2004 en GMS), même si le bœuf (- 0,6 % en 2004) est plus préservé que les autres espèces, le groupe cherche à s’adapter aux nouvelles tendances de consommation. Constatant un report des achats de viande brute vers les produits transformés, le spécialiste a depuis quelques années déjà élargi son offre de viande fraîche sous vide aux plats cuisinés élaborés. Pour continuer à pallier la baisse structurelle de consommation de viande (- 38 % depuis dix ans), l’industriel annonce aujourd’hui l’ouverture du segment snacking avec une nouvelle gamme, baptisée Charal Snack.
Un marché de 2,8 milliards d’euros
Selon le groupe, ce marché, transversal à tous les rayons, a généré en 2003 un chiffre d’affaires de 2,8 milliards d’euros, soit 10 % des dépenses des ménages. Un relais de croissance (+ 7 % en volume, + 7,2 % en valeur), particulièrement sur le frais (+ 11 % en valeur), auquel Charal compte bien s’atteler en participant à l’explosion de références sur ce créneau (+ 21 % en hypermarché, + 17 % en supermarché). Le groupe compte ainsi combler le retard pris par la boucherie en comparaison avec le rayon volaille, dynamisé grâce à l’effort conjoint de ses acteurs. Parmi les différents types de snacking identifiés par l’équipe marketing de Charal (cf. matrice), c’est sur le snacking dit institutionnel, à domicile et au moment des repas, que se positionne sa première offensive.
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Une innovation brevetée
Premier né de cette nouvelle offre : le burger micro-ondable. Après avoir déjà lancé une référence baptisée Micro One à la fois dans les linéaires des surgelés et des produits frais, le leader des viandes sous vide se jette à nouveau à l’eau avec une nouvelle référence. Mais cette fois avec une réelle innovation packaging, 20 ans après avoir mis au point l’hebdopack. Car s’il n’est pas l’unique intervenant du marché à développer un burger micro-ondable, comme par exemple l’irlandais Moy Park, Charal est par contre le seul à proposer un produit directement prêt à être réchauffé dans son emballage. Pour conserver à la fois le moelleux et le croustillant du produit, le groupe Charal a conçu un emballage en carton, livré par le groupe Kappa Siemco et qui a fait l’objet de brevets. A l’intérieur, un film thermosoudé ne cède sur sa face avant qu’à la fin de la cuisson, déclenchant l’entrouverture de la boîte, ce qui permet un « effet cocotte minute ». De plus, de fines plaques de cuisson, baptisées « safety susceptors », concentrent les ondes et permettent de dorer le pain.
300 000 euros d’investissement industriel
Ce développement a nécessité un investissement de 300 000 euros dans une nouvelle ligne sur le site de Derval (Loire-Atlantique), l’une des neuf usines du groupe. Comprenant deux références complémentaires, cheeseburger et baconcheese, l’offre est destinée aux moins de 35 ans et est censée recruter parmi les jeunes, les « consommateurs de demain ». A l’intérieur des produits, les steaks de bœuf VBF se caractérise par un grammage généreux (entre 30 et 40 % du poids du produit). Outre les avantages pratiques et la qualité organoleptique du produit, ce nouveau produit dispose d’un atout de taille auprès des distributeurs : sa durée de conservation relativement longue (j + 21), permettant une gestion facilitée des linéaires. Le lancement bénéficiera en outre d’un soutien publicitaire sur les ondes radios et s’appuiera sur le budget communication annuel destiné à la marque Charal d’un montant de 6 millions d’euros. Charal réalise un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 1 milliard d’euros pour 280 000 tec de viandes de bœuf et de porc et 90 000 tonnes de produits élaborés, dont la moitié en frais et l’autre moitié en surgelé.