«La nouvelle position américaine sur les négociations OMC n’est pas surprenante », explique Charles Hanrahan, spécialiste de la politique agricole américaine au Congrès des Etats Unis.
Il explique qu’en raison de la hausse des prix mondiaux le coût de la politique agricole américaine a fortement baissé, atteignant 11 milliards d’euros dès 2006. Un niveau inférieur au minimum demandé pour les aides américaines dans le document Falconer. Ce document, qui vise à proposer une base d’accord à l’OMC, propose de ramener les subventions agricoles américaines à un niveau situé entre 16,2 milliards et 12,8 milliards de dollars. Mais Charles Hanrahan rappelle que la position américaine est conditionnée à « un accord des Européens pour baisser leurs droits de douane entre 66% et 73% ». « Reste à voir quelle sera la réponse de l’Union européenne », affirme-t-il.
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L’expert américain rappelle que la situation est compliquée par la fin du Fast Track intervenue il y a plusieurs semaines. Le gouvernement doit donc rendre compte au Congrès ce qui ne lui facilite pas la tâche de négociateur. Il n’est pas exclu cependant qu’une procédure de Fast Track soit à nou veau votée afin de faciliter la conclusion d’un éventuel accord à l’OMC.
Le Congrès est, lui même, en train de plancher sur le futur Farm Bill. D’autant que celui qui date de 2002 arrive à échéance fin septembre. Certains programmes ont besoin d’un relai de financement, même si, pour les grandes cultures dont l’année de commmercialisation se prolonge au-delà de Septembre, les soutiens perdureront. En ce qui concerne le projet de Farm Bill lui-même, explique Charles Hanrahan, la version votée par la Chambre des représentants prolonge le texte précédent avec notamment les aides contracycliques et les « marketing loans ». Une modification cependant : « Les aides peuvent dépendre des flux de revenus, plutôt que des flux de prix ». Actuellement, ces aides sont calculées en fonction de la différence entre les prix mondiaux et les prix d’objectif internes. Quant au Sénat, « ses choix ne sont pas très clairs pour l’instant », affirme Charles Hanrahan.