Abonné

Chartes de riverains : premiers balbutiements

- - 2 min

Dans les régions viticoles, l’élaboration des chartes, encouragée par le ministre de l’Agriculture pour adapter sur le terrain la réglementation sur les distances, se fait de façon diversifiée. Certains textes sont déjà en cours de rédaction, c’est le cas dans le Cognaçais. Les syndicats de viticulteurs, la chambre d’agriculture, les maires, des administrations (DDT, rectorat) et des associations de riverains sont en discussion non pas tant sur les distances de non-traitement, que sur les moyens de réduire la dérive lors de l’épandage, indique Alexandre Imbert, directeur de l’Union générale des viticulteurs pour l’AOC Cognac (UGVC). Ces moyens sont les panneaux récupérateurs et, de plus en plus, les projets de haies. « Des haies de 1,5 mètre de haut et de 2 mètres de large constituent à la fois un bon écran aux phytos et une réserve de biodiversité utile pour l’hébergement des prédateurs de parasites », a-t-il développé. La charte devrait être prête en novembre.

Il y a des chartes déjà bouclées – six selon le cabinet du ministre de l’Agriculture. C’est le cas du département du Rhône, où une charte a été signée le 24 août lors de la fête de l’élevage à Chénelette, entre la FDSEA, la chambre d’agriculture, le conseil départemental, et différentes associations telles Ruisseaux du Beaujolais. Cette charte de bonnes pratiques n’indique pas de distances de non-traitement, comme requis par le projet de décret paru le 9 septembre.

La majorité des chartes ne sera prête qu’à la fin novembre. La FNSEA s’était engagée cet été à ce qu’elles soient prêtes avant la fin de l’année, pour une application en 2020. Mais aux dires des professionnels interrogés, la parution des textes du gouvernement aurait cassé les dynamiques. « Nous étions partis sur les chartes avec beaucoup d’allant, mais maintenant le décret et l’arrêté en disent trop, reproche Alexandre Imbert. Nous aurions été capables d’ajuster les choses, or nous n’avons plus de marges ». Avec des haies, « on aimerait pouvoir descendre au-dessous de 3 mètres », étaye-t-il.

« Nous aurions été capables d’ajuster les choses, or nous n’avons plus de marges »