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Chaudfontaine paye l’échec de Dasani en France

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Boissons/Restructurations > Coca-Cola a annoncé un plan de restructuration en profondeur de son site belge de Chaudfontaine. Quelque 65 postes sont visés et les 7 lignes de production de l’usine sont progressivement remplacées par 3 lignes ultra moderne. La multinationale donne cinq ans à l’entreprise pour « remonter la pente ».

Coca-Cola a lancé, le 10 mars, un vaste plan de restructuration de son site de Chaudfontaine en Belgique. Le géant des soft drinks a annoncé son intention de supprimer 65 postes de l’usine qui emploie actuellement 196 personnes – sans compter les malades de longue durée et les congés sans soldes. L’entreprise espère ainsi parvenir à rétablir la santé financière de Chaudfontaine qui souffre d’un «  sureffectif historique », explique Tom Delforge, porte parole de Coca-Cola en Belgique.

23,8 millions d’investissements

«  Nous nous donnons cinq années pour que le site remonte la pente », indique-t-il, rappelant les «  20 mois d’efforts considérables » consentis par le groupe pour relancer l’activité. Depuis la reprise de Chaudfontaine au groupe Bayat, en mai 2003, Coca-Cola a investi 3 millions d’euros pour rénover les locaux. A cela s’ajoutent 1 million d’euros en 2003, 10,5 millions d’euros en 2004 et 12,3 millions d’euros prévus en 2005 pour renforcer «  la qualité, la productivité et les capacités d’emballage » de l’usine. Les 7 lignes de production sont progressivement remplacées par 3 lignes modernes. La production en sous-traitance de produits pour le compte de Bayat (jus de fruits et limonade) va cesser définitivement à la fin de l’année.

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Par ailleurs, la marque Chaudfontaine, délaissée par ses précédents propriétaires – dont Interbrew de 1989 à 1997, puis Bayat – a été soutenue par 2,3 millions d’euros de frais de publicité. Et ces efforts seront poursuivis en 2005, assure le groupe.

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Quoi qu’il en soit, le plan de restructuration du site était attendu, mais l’ampleur de la cure d’austérité ne l’était pas. Et de fait, Chaudfontaine paye le cuisant échec de Coca-Cola qui a tenté de conquérir le marché Français de l’eau en bouteille sous la marque Dasani. L’usine belge du groupe devait fournir le marché français. Mais aujourd’hui, « l’évolution des volumes de vente d’eau minérale naturelle est positive mais reste insuffisante pour compenser le suremploi dans un délai réaliste », tranche Coca-Cola.

« Pas de réelles perspectives »

D’autant qu’il n’existe « pas de réelles perspectives de réaliser, dans un avenir proche, des volumes de vente supplémentaires appréciables à l’étranger ». Il n’empêche que la firme d’Atlanta garde en tête l’idée de lancer une eau sur le marché français. Et, depuis la fin de l’année dernière, l’eau vendue sous la marque Chaudfontaine est disponible dans les distributeurs Coca-Cola.

Le site belge se transformera « progressivement en usine spécialisée dans l’eau », même si aujourd’hui, la firme refuse de dire s’il sera à nouveau sa base arrière pour pénétrer le marché français. Dans un avenir proche, le site de Chaudfontaine devrait « doubler sa production actuelle ». En 2002, près de 6,2 millions de caisses d’eau minérales avaient été vendues.