Près de deux ans après son lancement fin 2015 avec la caution de la chef Anne-Sophie Pic, le concept Chefcuisine a été déclaré en faillite le 9 mars. Nutresia, la société créée à cette occasion, est à la recherche de repreneurs.
Nutresia, la société suisse dirigée par Jonathan Pennella à l’origine du concept Chefcuisine, a été déclarée en faillite par un juge suisse le 9 mars. D’après une source proche du dossier, le juge n’a pas accordé de délai à la société et l’a placée immédiatement sous la responsabilité de l’Office suisse des faillites. La société avait conquis 4 000 clients et réalisé un chiffre d’affaires de 800 000 francs suisses (749 056 €) à l’issue de l’année 2016, sa première année d’activité.
C’est aujourd’hui l'Office suisses des faillites, un organisme d’État, qui est en charge de la société et de la recherche de repreneurs. Deux professionnels du secteur agroalimentaire, un belge et un suisse, seraient intéressés par la reprise de la société et de son concept.
Nutresia, basé près de Lausanne, avait lancé Chefcuisine en octobre 2015, en pariant sur le côté révolutionnaire de son offre, escomptant reproduire le succès de Nespresso, un concept que Jonathan Pennella connaissait bien en tant qu’ancien collaborateur de Nestlé. La chef Anne-Sophie Pic avait apporté sa caution au projet. Les clients devaient s’équiper d’un appareil au procédé de cuisson unique et commander sur un site dédié des plats gastronomiques cuisinés à basse température.
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Des actionnaires parmi lesquels Cap Agro et LDC
Une trentaine d’actionnaires s’était rassemblés pour financer le projet. La plupart ne s’étaient pas dévoilés à l’exception du fonds Cap Agro et du groupe LDC, dont une filiale était chargée de la fabrication des recettes de Chefcuisine selon un cahier des charges précis (Agra Alimentation du 3 décembre 2015). Mi-2016, 34 millions de francs suisses (31,83 millions d’euros) avaient été investis dans la start-up et le créateur avait programmé une nouvelle levée de fonds pour le début 2017.
Pourtant face aux difficultés apparues dès le lancement, Jonathan Pennella envisageait déjà au printemps 2016 un repositionnement de son concept, notamment en lançant des plats à des tarifs plus accessibles. Plusieurs causes sont aujourd’hui pointées par cette source anonyme pour expliquer la faillite de l’entreprise : de trop faibles volumes de plats qui ont entraîné des hausses de tarifs de LDC, une période d’activité trop courte qui n’a pas permis d’installer le concept, un manque de financement sur le long terme et surtout des études de marchés très prometteuses par rapport aux résultats obtenus.