Dans l’attente de la publication intégrale du rapport sur le chèque alimentaire, les banques alimentaires espèrent percevoir une partie du budget dédié pour acheter des produits aux filières agricoles.
Réagissant à la fuite de la synthèse du rapport sur le chèque alimentation durable (voir ci-avant), la fédération des banques alimentaires estime que la mission interministérielle corrobore les « points de vigilance » sur lesquels elle alertait « dès janvier 2021 ». « Toutes les difficultés de gestion, de logistique, le fait que ce chèque alimentaire entraînerait des coûts significatifs, c’est quelque chose qu’on avait pointé dès le départ », a déclaré la responsable des relations institutionnelles Barbara Mauvilain, le 14 juin. « Il faut faire attention que les budgets qui pourraient être mis ne soient pas captés par des opérateurs, puisque l’objectif final du dispositif, c’est bien d’aider les personnes en précarité », a-t-elle souligné.
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Les banques alimentaires estiment que le chèque doit être « clairement positionné comme un complément à tout ce qui existe déjà » en matière d’aide alimentaire, et que doit être proposé « un accompagnement social » pour faciliter la sortie de précarité. Elles souhaitent que le chèque puisse être dépensé dans les épiceries sociales et solidaires, dont celles itinérantes en milieu rural et dans les Esope (épiceries solidaires pour les étudiants), sur « une diversité de produits » y compris d’origine animale, pour préserver le libre choix de l’alimentation. « Notre grille de travail, ce sont les recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS), et on pense que ce devrait être aussi la grille de travail pour le chèque », a expliqué Barbara Mauvilain.
Achats directs aux filières agricoles
« Une des propositions qu’on porte, en lien avec les filières agricoles, et qu’on ne retrouve pas dans la synthèse, c’est qu’une partie du budget alloué à ce chèque soit confiée au réseau d’aide alimentaire – aux banques alimentaires – pour soutenir nos achats vers des produits d’origine France et locaux », a indiqué Mme Mauvilain. Son réseau aimerait acheter davantage de fruits et légumes, produits laitiers et protéines animales et ainsi mieux coller aux préconisations nutritionnelles. « Par exemple, les fruits et légumes représentent un quart de ce qu’on redistribue actuellement, contre 18 % il y a huit ans. Notre objectif est de passer à 33 % », a expliqué Barbara Mauvilain.
Côté FNSEA, le chargé de dossier Yannick Fialip estime que le montant de 20 à 30 euros par personne et par jour, envisagé dans le rapport de la mission interministérielle, est « un peu faible ». Le syndicat majoritaire envisageait plutôt un montant de « 4 euros par jour, ou 120 euros par mois », pour « les personnes le plus en détresse alimentaire » quitte à élargir le public ciblé par la suite. « Nous n’abandonnons pas l’idée d’un panier [de produits] prédéfini dans la grande distribution », a-t-il ajouté.