Le projet de chèque alimentaire va d’abord se matérialiser par une première aide « d’urgence » à la rentrée, dont le ciblage reste encore inconnu. S’en suivra une réflexion autour d’un second dispositif de long terme.
Invitée sur France Bleu le 7 juin, Elisabeth Borne a confirmé la création d’un chèque alimentation « en deux temps » pour « les Français les plus modestes ». Le premier volet consiste en une mesure « d’urgence », pour permettre aux ménages de faire face à l’inflation galopante sur les produits alimentaires. La Première ministre n’a pas précisé si l’aide ciblerait exclusivement les produits alimentaires. La mesure fera partie du futur projet de loi sur le pouvoir d’achat. « Ce sera une aide versée directement sur le compte en banque, en une fois, tenant compte naturellement du nombre d’enfants dans la famille, et ça c’est quelque chose qui peut se mettre en place à la rentrée », a indiqué Elisabeth Borne. La Première ministre n’a pas non plus précisé le montant, mais d’après les professionnels il serait de 150 euros.
Le deuxième volet du chèque alimentation concerne « la création d’un dispositif ciblé pour permettre à tous les Français d’accéder à des produits de qualité, à des produits bio », inspiré par les propositions de la Convention citoyenne pour le climat en 2020. « C’est une réflexion à lancer, et elle va l’être », a assuré Elisabeth Borne au micro de France Bleu.
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Collectif de travail
Sur ce deuxième volet, la FNSEA et la Coopération agricole veulent être force de proposition. Les deux organisations ont annoncé, en conférence de presse le 7 juin, la création d’un collectif pour un chèque alimentaire pérenne. « Qui m’aime me suive », a lancé la présidente de la FNSEA Christiane Lambert à l’intention de tous les acteurs de la chaîne alimentaire. Pour l’heure, le collectif rassemble la FNSEA, la Coopération agricole et les JA, et va travailler « de façon très étroite » avec la MSA et d’autres associations (Solaal notamment).
Le collectif défend un dispositif « qui s’inscrit dans la durée », complémentaire aux actions menées par les associations caritatives et qui incite à consommer local. « Nous souhaitons que les ayants droit puissent accéder à des produits qui contribuent à une alimentation équilibrée […] incluant bien sûr des produits d’origine animale et végétale pour respecter le libre choix de l’alimentation », a souligné Christiane Lambert. « Nous devrons être vigilants sur deux points », a renchéri le président La Coopération agricole Dominique Chargé. « Le fait qu’il n’y ait pas de complexité dans la mise en œuvre de cette mesure, et qu’il n’y ait pas de discrimination […] sur la façon dont on traite les différents circuits de distribution et les différents produits. » D’après lui, le travail avec les ministères de l’Agriculture, de la Santé et de l’Economie commencera « dès l’automne ».