Le discours de Nicolas Sarkozy, mettant en priorité le maintien d’une politique agricole commune forte pour l’après 2013 a sans doute mis du baume au cœur des agriculteurs. Mais la modération et le scepticisme des réactions montrent qu’il en faut plus pour les convaincre.
La raison ? Les contradictions évidentes entre les discours successifs du chef de l’État. Au Salon de l’agriculture, il déclarait notamment qu’il était prêt à « accepter une réduction du budget agricole européen à condition que la préférence communautaire soit renforcée ». Cela sonnait d’une tonalité bien différente d’aujourd’hui où il dit « préférer une crise plutôt qu’un démantèlement de la Pac ». Les contradictions, les agriculteurs en avaient déjà entendu quand, à l’automne dernier, ils avaient « surpris » un président dire, osant le raccourci hâtif, « pas de chèque à la FNSEA ». Alors que, quelques semaines plus tard, il décidait d’un plan de soutien significatif. Il est vrai que, comme les Français en général, les agriculteurs ont subi le régime de la douche écossaise à propos de la taxe carbone : annoncée comme irrévocable un jour, elle est aujourd’hui renvoyée à des perspectives européennes lointaines.
Quelle que soit sa sincérité, Nicolas Sarkozy n’empêchera pas les paysans de penser qu’il y a de l’électoralisme sous ce nouveau cap. Le chef de l’État emprunte le chemin du chiraquisme qui a valu à l’ancien président de la République une longue sympathie du monde agricole. Une sympathie que les agriculteurs lui ont sans doute bien témoignée aux échéances électorales majeures. Mais le chiraquisme avait une vertu que Nicolas Sarkozy doit encore démontrer : la constance. Sinon, il ne s’agit que de promettre la lune.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.