Dans un décret, paru le 29 janvier au Journal officiel, le gouvernement diminue les limites maximales de résidus de chlordécone autorisées dans la viande bovine destinée à la consommation humaine. L’arrêté abaisse de 0,100mg/kilos à 0,020 mg/kilos ce seuil, avec un niveau dans la graisse qui ne devra pas dépasser 0,027 mg/kilo.
Cette publication fait suite à l’annonce du ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, qui avait promis, le 24 janvier, un décret garantissant un « haut niveau de protection sanitaire pour les consommateurs », répondant à une question de la députée Laurence Vanceunebrock-Mialon (LREM), lors d’une audition devant la délégation des Outre-mer de l’Assemblée nationale.
Dans un communiqué du 29 janvier, le ministère de l’Agriculture affirme qu’il s’agit là d’une « première étape vers l’objectif zéro chlordécone dans l’alimentation ». Il indique par ailleurs que « des études complémentaires sont attendues concernant les autres espèces animales pour le début de l’année 2019 ». La limite pour les produits à base de poisson reste la même, à 0,020 mg/kilo.
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Le ministère indique par ailleurs qu’il souhaite « accroître de 30 % en 2019 le nombre de contrôles officiels pour garantir le respect des seuils de chlordécone dans les denrées, y compris sur le secteur informel », qui « entraîne une exposition supérieure à celle issue des modes d’approvisionnement en circuit contrôlés ».
Cet insecticide, très persistant dans les milieux naturels, a été utilisé contre le charançon du bananier jusqu’à son interdiction en 1993 aux Antilles. En 2007, il avait été estimé que le produit avait pollué durablement 9 % de la SAU de Guadeloupe et 8 % de la SAU de Martinique. Du fait de sa persistance, le chlordécone est encore présent dans les sols et peut se retrouver dans certaines denrées végétales ou animales, ainsi que les eaux de certains captages utilisés pour la production d’eau destinée à la consommation humaine.
Une « première étape vers l’objectif zéro chlordécone dans l’alimentation »