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Chlordécone aux Antilles : fin des investigations, vers un non-lieu

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Les juges d’instruction du pôle santé publique du tribunal judiciaire de Paris ont prononcé le 25 mars la fin des investigations sans mise en cause dans l’enquête sur l’empoisonnement des Antilles au chlordécone, a appris l’AFP le 5 avril de sources proches du dossier. Deux juges d’instruction parisiennes ont annoncé aux collectivités et associations plaignantes leur intention de clore ce dossier ouvert en 2007 sans prononcer de mise en examen, l’orientant ainsi vers un possible non-lieu. Cet avis de fin d’information ouvre un délai permettant aux parties à la procédure de signifier leur intention de faire des observations, demander des actes, etc., avant les réquisitions du parquet de Paris et la décision finale des juges d’instruction. En 2006, plusieurs associations martiniquaises et guadeloupéenne avaient déposé plainte pour empoisonnement, mise en danger de la vie d’autrui et administration de substance nuisible. Depuis 2008, le pôle santé publique du tribunal judiciaire de Paris est chargé d’une information judiciaire, mais les juges d’instruction ont fait part en 2021 à plusieurs parties civiles de leur analyse selon laquelle les faits seraient dans leur grande majorité prescrits. Deux mois plus tard, Rémy Heitz, alors procureur de Paris, avait estimé dans un entretien au quotidien France Antilles que « la grande majorité des faits dénoncés était déjà prescrite » dès le dépôt des plaintes en 2006.

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Il s’agit d'« une injustice inacceptable », écrit Mélissa Camara, porte-parole du candidat écologiste Yannick Jadot, dans un communiqué. « Ce scandale sanitaire et environnemental est bien un scandale d’État », insiste le communiqué écologiste. Pour la candidate socialiste Anne Hidalgo, le possible non-lieu « est scandaleux ». « Ce pesticide a tué tellement. Il y a des femmes et des hommes qui sont malades et qui doivent payer des frais de dépistage. Je propose la gratuité de ces frais », a-t-elle insisté sur BFMTV et RMC.

« La grande majorité des faits dénoncés était déjà prescrite »