Le ministre délégué aux Outre-mer a promis plus de contrôle des sols et de l’eau dans les bananeraies, en précisant les contours de l’aide aux bovins.
Le ministre délégué aux Outre-mer Philippe Vigier a fait plusieurs annonces en lien avec le chlordécone aux Antilles, lors d’un débat sur le sujet à l’Assemblée le 27 novembre. Tout d’abord, il a reconnu que la cartographie du chlordécone dans les sols de Martinique et de Guadeloupe « doit être approfondie ». Il était interrogé à ce sujet par deux représentants d’associations antillaises : le porte-parole du collectif pour dépolluer la Martinique Philippe Pierre-Charles, et le vice-président de l’association Vivre Guadeloupe Janmari Flower. Ce dernier, rappelant que la cartographie détermine le niveau d’indemnisation des victimes, estime que « pour chaque hectare, on devrait faire au minimum une centaine de prélèvements afin de cartographier au plus près les fortes concentrations ».
Les associations ont aussi interpellé le ministre sur la présence de chlordécone dans l’eau de lavage des bananes provenant « des rivières et de la ville » et à laquelle sont particulièrement exposées les ouvrières. Ce à quoi M. Vigier a répondu qu’il « trouverait tout à fait normal qu’on puisse faire des dosages de chlordécone dans ces eaux » car « il faut que le doute disparaisse ». « Si les dosages sont supérieurs [à la norme autorisée] eh bien ce sera interdiction de l’usage de ces eaux-là », a-t-il indiqué. Le ministre envisage de mettre en place « un système d’indemnisation » en cas de dépassement des normes et en l’absence d’une eau de substitution pour laver les fruits après récolte. Il a promis de revenir vers la société civile et les bananiers sur ce sujet.
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« 160 à 200 euros par animal »
D’autre part, M. Vigier a annoncé que le budget alloué au plan chlordécone IV va passer à 130 millions d’euros (M€), au lieu de 92 M€ annoncés en 2020. Cette rallonge budgétaire recouvre notamment une aide aux éleveurs de bovins affectés par la pollution au chlordécone qui « sera opérationnelle dès janvier 24 ». L’aide s’adresse aux éleveurs « qui s’engagent dans une démarche de sécurisation de leur viande ». Ils bénéficieront d’un accompagnement technique et d’une « prime d’engagement de 160 à 200 euros par animal », a détaillé le ministre. La rallonge budgétaire recouvre aussi un doublement des crédits alloués à la recherche qui passeront « de 26 à 52 millions d’euros » à horizon 2030. Ces deux aides avaient été évoquées en juin quand le gouvernement avait annoncé un lot de nouvelles mesures, notamment la prise en charge du coût du traitement de l’eau potable.
Les associations ont aussi réitéré leur demande d’une « loi de programmation » afin de « reconnaître les responsabilités de l’État » et d’améliorer l’indemnisation des victimes. Les députés Marcellin Nadeau (GDR, Martinique) et Elie Califer (Socialiste, Guadeloupe) ont chacun déposé une proposition de loi en ce sens, le 20 juillet.