Santé publique France a annoncé le lancement d’une étude de suivi de l’imprégnation à la chlordécone en Guadeloupe et en Martinique, dans un communiqué le 29 janvier. Baptisée Kannari 2, cette nouvelle étude mesurera l’évolution de la présence du pesticide dans la population antillaise, 10 ans après les premiers travaux du même nom (Kannari 1). À l’époque, plus de 90 % des Antillais avaient de la chlordécone détectable dans le sang selon les données collectées en 2013-2014. « Ce qui correspond à 14 % de la population adulte en Guadeloupe et 25 % en Martinique qui présentent un dépassement de la valeur toxicologique de référence interne (VTRi) établi par l’Anses en 2021 », rappelle l’agence de santé.
Kannari 2 étudiera de plus près les populations « plus sensibles et plus exposées » (enfants, femmes en âge de procréer, travailleurs agricoles…). Elle permettra d’affiner les recommandations pour réduire l’exposition à la chlordécone, en matière alimentaire notamment. Enfin, elle mesurera l’imprégnation de la population à d’autres pesticides tels le glyphosate et les métabolites de pyréthrinoïdes (insecticides).
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La collecte de données sera déployée « de janvier à juillet » auprès de personnes tirées au sort, sous réserve de leur consentement à participer. « Il est important que la population participe massivement pour nous permettre de produire des résultats utiles robustes et fiables : l’objectif est de 3 000 participants », a déclaré le responsable de l’agence aux Antilles Jacques Rosine, cité dans le communiqué. Cette étude « est complémentaire » au dispositif de chlordéconémie (tests sanguins) mis en place par les Agences régionales de santé dans le cadre du plan Chlordécone IV, a-t-il précisé.