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CHOCOLAT/FINANCEMENT Chocolaterie de Bourgogne en redressement judiciaire

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> Reprise par un trio d'investisseurs à Barry Callebaut en 2012, la Chocolaterie de Bourgogne a été placée en redressement judiciaire. Son président, Philippe de Jarcy, met en avant une crise de croissance liée en partie au règlement Inco. Son entrée en vigueur imminente, en surchargeant les opérateurs, a généré des retards dans la commercialisation de nouveaux produits de l'entreprise.

CHOCOLATERIE de Bourgogne, qui emploie 310 personnes à Dijon (en CDI et CDD), a été placée en redressement judiciaire le 28 octobre par le tribunal de commerce de Dijon.

Pour expliquer les difficultés de l'entreprise, Philippe de Jarcy, qui a repris le site en 2012 avec deux investisseurs étrangers, met notamment en avant le retard pris dans la commercialisation de certains produits à cause de délais supplémentaires liés à l'entrée en vigueur du règlement Inco en décembre. « A chaque étape de la conception et de la fabrication des emballages, on prend au moins trois semaines de retard parce que nos interlocuteurs sont surchargés avec Inco », explique-t-il.

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APPEL À DES INVESTISSEURS EXTÉRIEURS

Autre source de perturbation pour l'entreprise, le changement des conditions du contrat avec Barry Callebaut, ancien propriétaire du site. Enfin, les référencements prennent du temps, et ce alors que l'entreprise a recruté et investi 4 millions d'euros depuis la reprise. Résultat, « il nous manque cinq à six millions d'euros pour faire face financièrement. Nous vivons une crise de croissance », estime Philippe de Jarcy. Selon lui, le chiffre d'affaires devrait dépasser 100 millions d'euros en août 2015, contre 65 millions d'euros sur le dernier exercice, malgré l'arrêt prévu d'un contrat de 30 millions d'euros avec Nestlé (également ancien propriétaire). « Nous avons en portefeuille 56 millions de commandes confirmées et j'ai bon espoir que 25 autres millions suivront dans la foulée. En attendant, notre stratégie de rebond passe par un renforcement de nos fonds propres en faisant entrer des investisseurs. Aujourd'hui, trois nous ont contacté : un industriel et deux financiers », explique Philippe de Jarcy. Contactés par l'AFP, deux syndicats de l'entreprise n'ont pas souhaité réagir à la décision du tribunal de commerce.

Chocolaterie de Bourgogne est détenue par Philippe de Jarcy (ex-directeur général de Hahne) et James Forman (conseil en négoce aux Etats-Unis), à parité, associés à Eugen Betz (négoce en Allemagne et en Russie). Le site a une capacité de production de 100 000 tonnes par an. Pour Philippe de Jarcy, une production de 35 000 tonnes seulement suffira à le rentabiliser. Sa plus grande crainte à court terme ? Une propagation d'Ebola en Côte d'Ivoire et la fermeture des ports qui rendrait l'approvisionnement très difficile.