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Edito Choix compétitif ?

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A chaque salon de l’agriculture, la France urbaine feint de se redonner des racines et cette année, plus que jamais on vante le développement durable, l’écologie et le bio. Cela rassure le consommateur qui opine dans ce sens dans tous les sondages même s’il ne joint que très peu encore le geste à la parole lorsqu’il fait ses achats. Au même moment, Paris fait sa propre lecture du bilan de santé de la Pac en redéployant les aides au profit des productions animales et prend le risque de mettre à mal la compétitivité des grandes cultures dont provient une part majeure des exportations. On se demande si l’incidence à terme de telles mesures sur les activités d’aval est bien prise en compte. Le gouvernement ne cesse pourtant de demander des prix bas pour le consommateur et cela ne peut être garanti durablement si la production est découragée en amont. Sans doute l’industrie alimentaire voudra s’approvisionner à moindre coût, ce sera alors en important davantage, et si elle ne s’y résout pas, la grande distribution saura le faire mieux encore. Rien de tout cela n’affecte l’optimisme de Luc Chatel pour qui les négociations tarifaires en cours, les premières dans le nouveau cadre de la LME, aboutiront « à un équilibre entre producteurs agricoles, industriels et distributeurs ». Il ne ménage pas sa peine en les réunissant tour à tour à Bercy, demandant aux uns d’écarter toute hausse injustifiée et de tenir compte de la baisse récente des cours agricoles et aux autres de bien répercuter toutes les baisses qu’ils auraient obtenues. Dans chaque profession les francs-tireurs n’ont plus qu’à éviter de se faire remarquer.

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