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SAUCES/STRATÉGIE Christian Potier choisit la sauvegarde pour rebondir aux USA

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Le spécialiste des sauces et d'aides culinaires a dû faire face à deux défaillances de gros clients américains et un gros retard dans la modernisation de son appareil industriel qui l'ont conduit à demander le 8 janvier une procédure de sauvegarde. Olivier Potier, son président, pense sauver son entreprise d'ici la fin de l'année grâce à la réorganisation de sa politique commerciale au grand export.

Olivier Potier, président et principal actionnaire de Christian Potier, a demandé début janvier au tribunal de commerce d'Avignon de placer son entreprise en procédure de sauvegarde. Ce spécialiste de la fabrication de sauces et d'aides culinaires pour la grande distribution et d'autres industriels en B to B à leurs marques, fait face à une série de déboires depuis 2012. « Tout a commencé par un contrat sur de très gros volumes avec un distributeur des Etats-Unis qui n'avait pas effectué les démarches nécessaires pour obtenir les permis d'importation », explique Olivier Potier, en déplacement au Winter Fancy Food Show de San Francisco, où il espère renouveler son portefeuille de client au grand export. Cette opération nous a fait perdre près de 500 000 € dont 100 000 € de frais d'avocats. Ensuite, un de nos clients, une major américaine de l'agroalimentaire, qui avait passé commande de 40 millions d'euros sur 5 ans sur des dizaines de millions de doses de soupes concentrées est passée sous le contrôle d'un fonds de pension qui a décidé de ne plus consacrer les efforts nécessaires pour développer ce marché. Enfin, nous avons beaucoup investi dans une ligne automatique qui a connu d'importants retards à son lancement, nous obligeant à honorer nos commandes par des process manuels plus coûteux ». L'entreprise trentenaire, labellisée « société innovante » par Oséo Anvar, a lourdement investi dans une technique de production de doses souples en plastique appertisées.

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Face à ces déboires, l'entreprise de Monteux (84), habituée à une croissance à deux chiffres, a vu ses ventes chuter de 15,4 M€ en 2013 à 11 M€ en 2014 et son résultat net passer de 149 000 € à une perte de 583 100 €. Dans le même temps, la dette financière bondit de 49 % à 10,8 M€. En 2014, les fonds propres progressent de 6 millions d'euros à 6,4 millions d'euros « sous l'effet de la réévaluation de lignes de conditionnements complètement amorties », précise l'entreprise.

L'usine a dû se séparer d'une dizaine de personnes pour revenir à un effectif actuel de 60 collaborateurs. « De retour du Sial, constatant que nous avions besoin de 6 mois de répits pour nous relancer, nous avons demandé un mandat ad hoc en attendant une procédure de conciliation avec nos banques prévue pour les 31 décembre qui n'a jamais été suivie dans les faits. Nous avons alors voulu éviter la procédure collective », reprend Olivier Potier qui pense sortir de la situation de sauvegarde à la fin de l'année. « Comme atout, nous disposons désormais d'un outil opérationnel très sécurisé aux normes IFS BRC, d'une capacité de 35 à 40 M€ et d'excellents contacts commerciaux. Nous travaillons en direct aux Etats-Unis depuis plusieurs mois avec 5 distributeurs et sommes en pourparlers avancés avec une dizaine d'autres, qui pourraient assurer des volumes similaires aux contrats perdus. Nous partageons avec trois autres sociétés françaises un GIE sur New York pour mutualiser certains coûts d'approche du marché local. Nous avons obtenu les permis d'importation et nous devrions nous développer sur les marchés britanniques, sud-africains, australiens et d'Amérique du Sud. Nous devrions renouer avec la croissance et retrouver, dès 2016, le chiffre d'affaires de 2013 ». En attendant, cette société inscrite au Marché libre d'Euronext depuis le 7 décembre 2001 a vu sa cotation suspendue entre le 8 et le 14 janvier 2015.