Le marché porcin au cadran breton a connu une chute brutale début septembre. Après une suspension de séance le jeudi 1er septembre en raison d’un désaccord entre producteurs et abatteurs sur les prix, les mêmes acteurs du marché se sont retrouvés le lundi 5 à une séance qui a finalement eu lieu, mais avec un prix en forte baisse.
La cotation est ressortie le lundi 5 septembre à 1,164 euro le kilo de carcasse, contre 1,232 euro le lundi 29 août. Soit une chute de 6,8 centimes. Rappelons que le marché au cadran a lieu le lundi et le jeudi. « Nous savions que nous allions concéder une baisse de prix, mais pas aussi importante», a commenté Jef Trébaol, vice-président de la Fédération nationale porcine. Au cours de cette séance, 73 000 porcs ont été présentés. Ce volume important est dû au cumul de la séance du jeudi qui a été ajournée (57 500 porcs prévus) et du lundi 5 (15 500 porcs présentés).
Une crise plus tôt en saison
Le marché du porc devient habituellement plus difficile courant septembre, mais cette année les difficultés arrivent plus tôt en saison, indique-t-on aussi bien chez les éleveurs que chez les commerçants, ce qui ne présage pas d’un redressement de la situation à court terme.
« L’ensemble du secteur de l’abattage découpe accumule sur les huit premiers mois de l’année 2005 de lourdes pertes. La consommation n’est pas au rendez vous, même à grands coups de promotions à bas prix. L’exportation, qui avait permis en fin 2004 de rétablir les comptes des abattoirs est cette année au plus bas, la concurrence des autres bassins de l’UE est vive», indique le Syndicat national du commerce du porc. La concurrence s’exerce non seulement sur les marchés français à l’exportation, comme le marché russe, mais aussi sur le marché français. Par exemple, des pièces industrielles (épaules et jambon) sont achetées par des salaisonniers français, en provenance du Danemark, d’Espagne, voire des Pays-Bas, selon M. Trébaol.
La production porcine de la France couvre 103% de la consommation du pays, ajoute-t-il. Le ratio atteint 300% aux Pays-Bas et 600% au Danemark. Des conditions qui expliquent l’âpreté de la concurrence.