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Volaille/Restructuration Cinq des huit sites de Doux Frais repris

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Le tribunal de commerce de Quimper a rendu son verdict le 10 septembre avec la validation des offres de reprise partielle ou totale de cinq des huit sites du pôle frais de Doux (Pleucadeuc, Blancafort, Boynes Sérent et Laval), auxquels s’ajoutent 2 petits sites d’accouvage et nutrition animale. Cela représente quelque 700 emplois sauvegardés sur près de 1 700. Les syndicats ont fait part de leur amertume devant la perte de ces emplois, estimant « devoir payer les pots cassés ». L’État dit avoir pris acte de la décision du tribunal de commerce de Quimper et « vouloir mobiliser tous les moyens pour permettre aux salariés licenciés de retrouver un avenir » en mettant en place des mesures d’accompagnement. Le chef de l’État, lors de son déplacement au salon Space de Rennes le 11 septembre, a rencontré les salariés du groupe et réclamé « la vérité sur tout ce qui s'est produit depuis des années » dans le groupe volailler Doux

Le tribunal a validé lundi les offres de reprise partielle de cinq des huit sites du pôle frais du groupe volailler Doux, en liquidation judiciaire depuis le 1er août. Les propositions du groupe LDC ont été retenues pour le site de Laval avec la reprise de la totalité des salariés (260 CDI, 42 CDD et 1 apprenti) ainsi que pour le site de Sérent, mais avec seulement 60 contrats de travail (CDI) renouvelés sur 177 (174 CDI et 3 CDD), alors que Duc proposait de reprendre 101 des salariés. LDC a toutefois laissé espérer qu’il pourrait proposer d’autres postes sur son site de Saint-Jean-Brélevay, à 17 kilomètres de Sérent. Les sites de Boynes et Amilly (couvoir), tous deux situés dans le Cher, faisaient l’objet d’une offre conjointe de Glon Sanders et Duc qui a été préférée à celles de LDC ou de la société Thivat. Pour le site de Boynes, il y aura la reprise de 80 CDI (sur 155), ainsi que les 15 CDD. Quant à Amilly (Doux Accouvage), il y aura la reprise de 13 salariés sur 18. Duc et la filiale du conglomérat Sofiprotéol, ont annoncé lundi avoir créé une co-entreprise affectée à la reprise de ces sites. « À cette fin, une société par actions simplifiée, dénommée DGS, a été constituée », a annoncé Duc dans un communiqué. Cette société est détenue « à parts égales entre le groupe Duc et Glon Sanders Holding » et a son siège social à Guiscriff (Morbihan). Clémont (nutrition animale, dans le Cher) fera l’objet d’une reprise par le seul groupe Glon Sanders qui conservera 10 CDI sur 15.
 
Controverse pour deux sites
Le tribunal a par ailleurs retenu l’offre de Glon Sanders seul (Duc n’y participait pas) pour l’autre site du Cher, à Blancafort, spécialisé dans la viande de dinde. GSH devrait reprendre 130 salariés sur les 243 du site, mais se dit « préoccupé par la situation du site dont le fonds de commerce a disparu sur un marché de l'abattage de dindes sinistré». Glon Sanders « prend acte de la décision du tribunal de commerce de Quimper de permettre à la société Doux de reprendre une activité portant sur la dinde qui rendra plus difficile le redressement de Blancafort », indique un communiqué. Le site en question est celui de Pleucadec qui a été attribué à Galina du (groupe Doux), prévoyant le maintien de 135 contrats de travail en CDI sur un effectif de 395 CDI et 12 CDD. Galina avait fait valoir que son offre s’inscrit dans une consolidation de la société Doux Dindonneaux. Un argument que conteste le groupe Glon qui estime difficile la coexistence de deux sociétés spécialisées dans la viande de dinde, alors que ce secteur connaît une grave crise de consommation. Les trois autres sites du pôle frais ne bénéficiaient pas d'offres de reprise : Graincourt (Pas-de-Calais), La Vraie-Croix (Morbihan) et Le Pontet (Vaucluse), seront fermés entraînant 388 licenciements.
 
Déception des syndicats et mesures d’accompagnement
« Je pense que je suis plus déçu que content, même si les sites sont tous repris à part ceux qui ont été liquidés dernièrement », commente Jean-Luc Guillart, responsable syndical central CFDT Doux. « Ce n'est pas une satisfaction d'annoncer qu'il y a plus de 1 000 licenciements, surtout dans une entreprise comme la nôtre qui avait du potentiel pour préserver tous les emplois. On a laissé l'entreprise à la dérive et c'est les salariés qui paient les pots cassés. Je ne suis pas du tout content », a-t-il lancé à l'issue du jugement. De son côté, le ministère de l’Agriculture a dit mobiliser tous les moyens « pour permettre aux salariés licenciés de retrouver un avenir, en valorisant leurs compétences et les savoir-faire acquis depuis de nombreuses années ». À chaque salarié licencié sera proposé un contrat de sécurisation professionnelle, pour engager une véritable réorientation professionnelle tout en garantissant une allocation maintenant 100% du salaire net pendant douze mois, ainsi qu’une cellule d’appui sur chaque site assurant un suivi personnalisé à chaque salarié licencié et une formation renforcée. Il n'y a pas de « mesure exceptionnelle pour les salariés licenciés », a souligné de son côté Nadine Hourmant, déléguée centrale Force Ouvrière interrogée par l'AFP, ajoutant qu'elle ne s'attendait pas à un « grand chamboulement ». Elle s’exprimait à la suite d’une réunion entre les syndicats du groupe et le ministre délégué à l'Agroalimentaire, Guillaume Garot, venu à Laval présenter le plan d’accompagnement des salariés licenciés. Concernant les 22 autres activités du groupe en faillite (export et produits élaborés), pour lesquelles le p.-d.g. Charles Doux travaille à un plan de continuation avec la banque Barclays, principal créancier, et les administrateurs judiciaires, le tribunal a fixé la période d'observation jusqu'au 30 novembre.

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