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Viande/Crise Cinq mesures pour relancer Spanghero

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À l’issue d’une réunion tenue à la préfecture de l’Aude à Carcassonne le 28 mars dernier (voir Agra Alimentation du 28 mars) en présence de la directrice de cabinet du ministre délégué chargé de l’agroalimentaire Caroline Leboucher, le p.d-g. de Spanghero, Barthélémy Aguerre a présenté au comité de suivi (1) ouvert à la demande des élus locaux par le ministère de l’agroalimentaire et de la consommation cinq mesures pour tenter de sortir cette société de la crise qu’elle traverse depuis l’affaire dite de la viande de cheval.

La première mesure concerne la nomination de Serge Renaudin, ex-président du directoire du groupe Alliance-Cobevial, comme directeur général de Spanghero à compter du 28 mars, en remplacement de Jacques Poujol, dont l’action était fortement décriée. Les autres décisions portent sur des mesures internes visant à renforcer les protocoles de sécurité. Ainsi, dès le 25 février, il a été lancé un audit par le cabinet Mazars, afin de valider l’ensemble des processus et d’améliorer le système de contrôle qualité. Cela s’accompagne d’un renforcement des procédures du laboratoire interne de contrôle bactériologique et de la mise en place de tests ADN réguliers sur les lots de viande entrants, quelle que soit leur provenance. Enfin, Spanghero, qui achète d’ores et déjà 80% de sa viande en France, va initier un processus de certification VBF (viande bovine française) et VPF (viande porcine française).
« Nous avons donné pour mission à Serge Renaudin de relancer l’activité de l’entreprise au service de nos clients et mis en place un ensemble de mesures allant également dans ce sens. Nous sommes mobilisés aux côtés de nos salariés pour assurer la pérennité de Spanghero », a déclaré Barthélémy Aguerre, président du conseil d’administration de Spanghero. Il a confirmé que l’entreprise tourne actuellement avec 30% seulement de ses clients, soit 80 salariés à temps plein et 140 en chômage partiel. Lur Berri devrait adresser un courrier à l’ensemble de ses clients, dans lequel ces démarches seront expliquées, afin de regagner la confiance des distributeurs avec lesquels les contrats d’approvisionnement sont en cours de renégociation. Une nouvelle réunion du comité de suivi se tiendra courant avril pour faire le point sur le comportement des clients vis-à-vis de la société et de l’évolution des commandes pour relancer l’affaire.

Des mesures d’accompagnement social

Une série de mesures d’aide aux salariés a par ailleurs été mise en place par la préfecture, afin de pallier les cas les plus difficiles, en coopération avec les services fiscaux, mais aussi les banques. Ainsi, nous précise Caroline Leboucher, il sera demandé, par le préfet, aux établissements bancaires d’octroyer des lignes de crédit sans agio pour certains cas particuliers de personnes très fragilisées dans leurs revenus suite aux mesures de chômage partiel. Une telle solution avait été mise en place dans le dossier Doux. Il va également être demandé aux services fiscaux de faire preuve de bienveillance à l’égard de certains foyers en étalant les dettes fiscales éventuelles. Enfin, il a été demandé à Lur Berri d’étendre le nombre de bénéficiaires des plans de formation, concernant actuellement seulement 15 salariés.
 
(1) Il réunit l'administrateur judiciaire, des représentants des salariés ainsi que le maire de Castelnaudary et le président de la communauté de communes du bassin sous la présidence de Caroline Leboucher et d'Eric Freysselinard, préfet de l'Aude. Une seconde réunion pourrait avoir lieu courant avril.

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