La Commission qualifie de réglementation « contre-productive » les gammes obligatoires de poids ou de volumes des emballages. Certains secteurs de l’industrie alimentaire appellent de leurs vœux la suppression de ces contraintes. Mais, prochainement, les industriels du sucre, des spiritueux, du café soluble, du sel et du café torréfié devraient se regrouper pour demander « la confirmation ou l’introduction des gammes obligatoires d’emballages dans leurs secteurs ». Ils insistent sur la forme de « protection silencieuse » jouée par ces gammes pour les consommateurs.
Ne touchez pas au volume de nos gammes d’emballages ! C’est en substance ce que réclament conjointement le Comité européen des fédérations de sucre (CEFS), la Confédération des producteurs de spiritueux (CEPS), l’Association des fabricants de café soluble (AFCASOLE), l’Association des producteurs de sel (ESPA) et la Fédération européenne des associations de café torréfié (EUCA). Elles adresseront prochainement ce message à MM. Mingasson et Coleman, directeurs généraux des directions « entreprise » et « santé et protection des consommateurs » de la Commission européenne. Ces cinq branches de l’industrie alimentaire demandent « l’introduction ou la confirmation des gammes obligatoires de poids ou de volume d’emballages dans leurs secteurs ».
Contre-productives
Les industriels du sucre, des spiritueux et du café soluble craignent que leurs gammes d’emballages, actuellement suspendues pour être intégrées dans une directive « Gammes » globale, soient définitivement enterrées. Ceux du sel et du café torréfié souhaitent que leur gamme, jusqu’alors optionnelle devienne obligatoire. Ces cinq organisations réagissent à un texte de travail de la direction « entreprise » qui qualifie les quantités prescrites, de réglementation « contre-productive ». Au contraire, s’insurgent-elles : « Les quantités prescrites sont une protection silencieuse » pour les consommateurs, quand les prix unitaires – qui ont la faveur de la Commission – laissent aux consommateurs la responsabilité d’analyser le rapport quantité/prix. La Commission entend supprimer les quantités prescrites dans le cadre de la simplification de la législation communautaire (SLIM).
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Prix ronds
Sans les quantités prescrites, « nous risquerions d’être confrontés à des demandes déraisonnables des distributeurs qui voudraient des prix ronds », présage Barbara Dufrène, responsable de la délégation française de l’AFCASOLE. Le café soluble étant indexé sur le cours de la matière première, il reviendrait aux industriels d’adapter leur packaging au gré des exigences des distributeurs. De son côté, Hugh Morrison, le président de la CEPS, estime que « l es consommateurs risquent d’être confrontés à la confusion produite par un choix pléthorique de volumes pour un même produit ». Avant la régulation, en 1993 pour les spiritueux, on comptait 60 formats de bouteilles différents en Europe. Il n’en reste plus que 15 aujourd’hui. Hugh Morrison s’inquiète de même pour les millions d’investissements réalisés par les industriels dans leur lignes d’embouteillage.