Ironie du sort : au moment où on sollicite le consommateur pour reconnaître et acheter davantage des viandes françaises, au moment où s’ouvre le Salon de l’agriculture, une organisation habituée à ce genre de sport révèle au grand public des pratiques effroyables dans un abattoir bien de chez nous. Dans l’esprit du consommateur il y a de quoi ressentir de la confusion. Pourquoi soutenir des produits qui passent par des lieux aux mœurs aussi détestables ? C’est dire la fragilité de l’appel à l’empathie du citadin pour l’agriculteur qui le nourrit.

La France n’est pas pavée de toutes les vertus en matière d’abattage et de transformation des viandes. Et il se trouvera toujours une organisation vaguement représentative pour débusquer des comportements pas du tout glorieux. La proximité du Salon de l’agriculture est d’ailleurs de plus en plus souvent un motif pour soulever de telles affaires de la part de ces organisations.

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C’est pour cela qu’en plus du recours aux consommateurs, la multiplicité d’accords contractuels, souvent à l’initiative des distributeurs, instituant des relations de moyen terme entre des éleveurs ou agriculteurs d’une part et une grande enseigne d’autre part pourraient avoir un effet tout aussi grand pour le revenu des paysans signataires de ces contrats. Mais cela veut dire de leur part des efforts pour produire mieux que le standard. Ce qui signifie se former, investir, innover, explorer des pistes commerciales nouvelles. C’est coûteux, sans doute. Mais c’est certainement plus sûr à long terme que de compter sur une cote d’amour d’un consommateur trop souvent volage. Et qui n’est pas loin, parfois, de penser qu’un bon steak argentin peut valoir mieux qu’une mauvaise côte de bœuf française.