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Stratégie Claeyssens parie sur le whisky pour durer

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Bicentenaire, la Distillerie Claeyssens de Wambrechies lance un whisky premium, une diversification plus porteuse que sa production originelle de genièvre.

Pour fêter son bicentenaire, la Distillerie Claeyssens de Wambrechies (métropole lilloise) commercialise, non pas un genièvre, mais un whisky pur malt de 8 ans d’âge vieilli en fûts de sherry et légèrement tourbé. Sa commercialisation en édition limitée (8 500 cols à 39,95 €) commence dans la grande distribution, chez les cavistes et en CHR. Un lancement stratégique pour cette entreprise spécialisée depuis 1817 dans la distillation de genièvre et qui se diversifie petit à petit vers d’autres alcools de grains plus tendance (whisky, gin, vodka et cocktails aromatisés).

En effet, très populaire chez les Ch’tis jusque l’entre-deux-guerres, cette eau de vie de seigle et malt aromatisée aux baies de genévrier a vu sa consommation décliner. Au point de devenir confidentielle aujourd’hui, même dans sa région d’origine où l’on ne trouve plus que deux distilleries actives : Claeyssens à Wambrechies et Persyn à Houlle. En difficulté et endettée, Claeyssens a été rachetée en 1998 par les Grandes distilleries de Charleroi (GDC), société belge spécialisée dans l’embouteillage et les marques à façon d’alcools et le négoce de vins. Cette dernière avec 36 salariés, affiche un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros, en stagnation notamment suite à la forte augmentation des droits d’accise fin 2016. "Depuis le rachat de Claeyssens, nous avons investi plus de 1,5 million d’euros pour rénover les bâtiments qui étaient en très mauvais état, ainsi que les outils de production datant de 1817 et qui sont toujours les mêmes aujourd’hui. L’ensemble du site est d’ailleurs classé monument historique depuis 1999", souligne Philippe Depasse, p.-d.g. de GDC. À noter qu’en 2000, GDC a également racheté la Distillerie de Loos (métropole lilloise) dont la production de genièvre de blé et de malt a été rapatriée à Wambrechies.

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Si les différentes variétés et dérivés de genièvre représentent encore 80 % de la production, le whisky s’affirme comme un débouché de plus en plus stratégique. "En France, il représente 35 à 40 % du marché des spiritueux et nous pensons que nous avons une carte à jouer", confirme Daniel Vendramin, p.-d.g. de la Distillerie Claeyssens depuis 2003. De fait, l’entreprise distille du whisky (3, 5 et 8 ans d’âge) depuis plusieurs années, fournit une marque française haut de gamme et y a même consacré l’essentiel de sa production depuis 24 mois, tout en écoulant ses stocks de genièvre. "En plus des 100 fûts de 500 litres que nous avions déjà, nous venons d’acheter 250 fûts de bourbon de 320 litres car, pour le whisky, nous manquons surtout de capacité de stockage et non pas de production", poursuit-il. Une diversification indispensable pour l’entreprise dont le chiffre d’affaires a baissé de 34 % durant la dernière décennie pour se stabiliser autour de 1,3 million d’euros sur les trois derniers exercices. Avec 9 salariés, la société produit 200 000 cols produits par an (80 % de genièvre et dérivés, 20 % de whisky).