Claude Cochonneau, président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture depuis le mois de novembre 2016, estime que la Cour des comptes est sévère dans son diagnostic. Les chambres d’agriculture n’ont pas attendu les conclusions de la juridiction financière pour mettre en route la réorganisation territoriale. Interview.
Dans son rapport annuel, la Cour des comptes s’est intéressée au fonctionnement des chambres d’agriculture, leur organisation et surtout leurs dépenses. Dans l’ensemble, partagez-vous ses constats ?
Nous partageons le constat de la Cour des comptes sur la nécessité de fonctionner davantage en réseau. Nous avions anticipé la plupart des préconisations, d’ailleurs, nous n’avons pas attendu ces conclusions pour nous mettre en action. Nous préparons, depuis les prémices de la loi NOTRe, la réorganisation territoriale de notre réseau. Mais il faut du temps pour tout mettre en œuvre.
La Cour des comptes pointe, parmi les causes potentielles des difficultés financières, la hausse de la masse et des charges salariales. Cela alors même que le nombre d’agriculteurs, pour lesquels travaillent les chambres, diminue inlassablement. Comment l’expliquez-vous ?
C’est un peu facile de dire ça. Je rappelle que l’augmentation de la masse salariale est surtout due au fait que de nouvelles missions ont été attribuées aux chambres d’agriculture. L’absorption, par les chambres, des Adasea par exemple ou l’accompagnement en matière d’installation. Mathématiquement, cela a augmenté notre masse salariale, et nous avons dû recruter. Nous l’avons fait sans transfert de budget de l’État, alors que ces missions étaient par le passé gérées par le ministère.
La Cour des comptes estime que « la revalorisation automatique annuelle de 1,7 % » des salaires doit être remise en cause afin de diminuer les dépenses de personnel.
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L’APCA ne peut pas, à elle seule, remettre en cause cet accord conclu avec les partenaires sociaux. Le remettre en cause, pourquoi pas ? Mais il faudra une intervention du législateur.
La Cour suggère également de diminuer le nombre d’élus au sein des chambres. Cela vous paraît-il faisable ?
C’est faisable, mais est-ce vraiment souhaitable ? Il s’agirait seulement d’économies de bouts de chandelles ! Les charges des élus ne sont pas élevées. Et à l’heure où tout le monde défend la participation du plus grand nombre au débat citoyen, je ne vois pas l’intérêt pour l’APCA de se séparer d’élus retraités ou coopérateurs…
Le rapport de la Cour des comptes préconise de diminuer le nombre d’antennes locales. Qu’en pensez-vous ?
Cette suggestion est la vision très parisienne du prisme lointain de la Cour des comptes. Concrètement, diminuer le nombre d’antennes ne peut pas être une règle générale. Il faut au contraire réinvestir le territoire en fonction de la loi NOTRe. Dans le cadre de notre réorganisation territoriale, nous nous adaptons aux nouvelles communautés de communes. Cela va se traduire par des suppressions d’antennes locales à certains endroits et des ouvertures dans d’autres.