Les fonds destinés à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à l’adaptation au changement climatique des petits exploitants agricoles ont reculé et ne représentent plus que 0,8 % de la finance climatique, indique un rapport du cabinet spécialisé Climate Policy Initiative publié le 22 novembre. Sur la période 2019/2020, l’argent versé aux agriculteurs cultivant moins de deux hectares ainsi qu’aux petites et moyennes coopératives et entreprises agricoles dans le cadre de la lutte contre le changement climatique a atteint 5,5 milliards de dollars par an, soit une chute de 44 % par rapport à la période 2017/2018, détaille le document.
Pourtant, ces petits acteurs produisent 35 % de l’alimentation mondiale, jusqu’à 50 % dans les pays à revenus faibles et moyens, et, étant particulièrement vulnérables aux impacts du changement climatique, auraient idéalement besoin de 276 milliards de dollars chaque année, relève le rapport réalisé avec CLIC, une organisation cherchant à développer les investissements dans l’agriculture et les systèmes alimentaires. Ce recul s’inscrit dans la baisse plus généralisée des financements climatiques destinés à l’agriculture, à la forêt et à la pêche (-20 %), note le rapport : les donateurs augmentent parallèlement leurs contributions à d’autres secteurs comme la construction, les infrastructures ou les transports.
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Il faut « qu’on commence vraiment à réfléchir à la façon d’apporter les financements climat […] aux petits paysans », avance Jyotsna Puri, responsable au Fonds international de développement agricole (Fida). Les organismes publics et privés préfèrent financer les projets visant à réduire les émissions plutôt qu’à s’adapter au changement climatique, explique cette représentante de l’agence onusienne à l’occasion de la publication du rapport.