La commission de l’agriculture du Parlement européen a adopté le 3 mai son avis sur les projets de la Commission européenne sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030 en proposant plus de marges de manœuvre pour le secteur agricole. Bruxelles suggère que les secteurs non couverts par le système d’échange de quotas carbone, dont l’agriculture, soient soumis à des objectifs nationaux de réduction de leurs émissions pour atteindre -30 % en 2030 par rapport à 2005 au niveau de l’UE. Le secteur de l’utilisation des sols, du changement d’utilisation des sols et de la foresterie (LULUCF) pourrait en partie permettre une compensation de ces contraintes sous forme de « crédits carbone » (1).
Mais pour ne pas trop affaiblir la réalisation de l’objectif global de l’UE, la Commission propose de limiter ces compensations à une enveloppe (partagée entre les États membres en fonction du poids de leur secteur agricole) de 280 millions de tonnes équivalent C02 de crédits. Les eurodéputés agricoles demandent dans leur avis que cette enveloppe soit portée à 425 Mt afin d’accorder suffisamment de flexibilité au secteur agricole.
« C’est, se félicitent les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca), un pas positif pour lutter contre le changement climatique de manière plus réaliste. L’accord mondial sur le climat de Paris a clairement indiqué que l’agriculture doit s’adapter de manière équilibrée sans compromettre la production alimentaire. Cela doit être respecté ».
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Mais c’est la commission parlementaire de l’environnement qui a la main sur le dossier. Or son rapporteur, Gerben-Jan Gerbrandy (groupe des libéraux-démocrates, Pays-Bas), plaide pour que l’enveloppe de compensation soit au contraire réduite à 190 millions de tonnes.
(1) Voir n° 3556 du 25/7/2016