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Climat : l’IAA veut améliorer sa performance énergétique

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Pour répondre à la proposition de règlement de la Commission européenne sur le climat – qui fixe comme objectif à l’économie européenne de devenir neutre en carbone d’ici 2050 –, l’industrie agroalimentaire de l’UE se dit notamment disposée à rendre les opérations de transformation des aliments plus efficaces sur le plan énergétique. Ceci contribuerait à lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.

Le 4 mars dernier, la Commission européenne a présenté une proposition de règlement sur le climat, qui fixe comme objectif à l’économie et à la société européennes de devenir neutres en carbone d’ici 2050, dans le cadre du « Green Deal » (« Pacte Vert ») européen. Dans son texte, la Commission invite toutes les parties prenantes (entreprises, producteurs, investisseurs, consommateurs) à apporter chacune sa part à l’effort commun contre les émissions de gaz à effet de serre. Dans une déclaration préliminaire, FoodDrinkEurope, le lobby de l’industrie agroalimentaire de l’UE, s’est dit disposé à contribuer à atteindre la neutralité carbone en agissant sur plusieurs leviers. Celui-ci suggère notamment de s’appuyer sur les mesures existantes pour rendre les opérations de transformation des aliments plus efficaces sur le plan énergétique, d’utiliser davantage d’énergies renouvelables et de réduire davantage les émissions provenant des transports et de la logistique. Il avance également comme autre action de poursuivre l’objectif de l’industrie de réduire de moitié les déchets alimentaires d’ici 2030. À ce propos, Laura Degallaix, directrice du département « Environnement » de FoodDrinkEurope, a indiqué qu’il est « essentiel que les législateurs européens mettent en place un environnement politique qui soutienne la croissance et l’emploi verts ».

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Dans le même temps, elle a invité les décideurs politiques « à collaborer avec l’industrie pour éviter les compromis en matière de sécurité alimentaire ». La responsable a par ailleurs indiqué qu’en tant que premier secteur manufacturier européen, « l’industrie alimentaire et des boissons joue un rôle essentiel pour aider l’UE à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, mais elle ne peut y parvenir qu’en apportant des changements dans l’ensemble du processus de la ferme à la table ». C’est pourquoi, a-t-elle promis, « nous travaillerons en étroite collaboration avec les agriculteurs et les consommateurs, ainsi qu’avec les secteurs public et privé, afin de promouvoir la durabilité dans la manière dont nous cultivons et consommons nos aliments ».

L’industrie européenne de l’alimentation et des boissons affirme soutenir « fermement l’objectif de l’Accord de Paris de 2015 », lequel vise à maintenir l’augmentation de la température mondiale au-dessous de 2 °C et à poursuivre les efforts pour la maintenir à 1,5 °C. Selon elle, le changement climatique a un impact sur les systèmes alimentaires, que ce soit directement ou indirectement. Il peut avoir un impact sur la sécurité alimentaire, les prix des denrées alimentaires, ainsi que sur la qualité et la sécurité des produits alimentaires. Plus sérieux encore, les phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les sécheresses, les inondations et la hausse des températures, entravent la production alimentaire, ce qui peut affecter l’approvisionnement à long terme en matières premières sûres, de qualité et abordables pour le secteur de l’alimentation et des boissons. Raisons pour lesquelles, dit FoodDrinkEurope, les fabricants de produits alimentaires et de boissons ont « intégré le changement climatique dans leurs stratégies commerciales et s’efforcent en permanence de minimiser les impacts environnementaux de leurs produits sur la base d’une approche fondée sur le cycle de vie ».

Une première discussion sur la proposition de règlement sur le climat par les ministres de l’Environnement de l’UE est prévue le 22 avril prochain. Pascal Canfin (Renew Europe, centristes et libéraux), le président français de la commission de l’environnement du Parlement européen, table sur un vote sur la proposition en juin/juillet de cette année, avant que la proposition ne soit soumise à la plénière du Parlement en septembre.