Pas de mesures contraignantes, pas de budget dédié, mais des données plus précises et une boîte à outils à disposition des acteurs locaux. C’est ce que propose la Commission européenne pour mieux préparer l’UE, son agriculture entre autres, au réchauffement climatique.
La Commission européenne a adopté le 24 février une nouvelle stratégie de l’UE relative à l’adaptation au changement climatique qui, espère-t-elle, permettra à toutes les composantes de la société à tous les niveaux de se préparer pour faire face à ses effets inéluctables (1). Trois priorités sont fixées : intégrer l’adaptation dans la politique macrobudgétaire, développer des solutions fondées sur la nature et faire émerger des mesures locales. Le plan ne prévoit aucun objectif chiffré ni aucune mesure contraignante. Les obligations pour les États membres en matière de rapports sur l’adaptation sont déjà définies dans des instruments législatifs comme les règlements sur la gouvernance de l’Union énergétique ou bientôt la nouvelle loi climat. Le plan vise surtout à améliorer les connaissances et les données et à inciter tous les acteurs à préparer des mesures d’adaptation en leur fournissant une boîte à outils. Par exemple, pour aider les agriculteurs quand ils planifient leurs cultures. La plateforme européenne de connaissances en matière d’adaptation (Climate-ADAPT), sera renforcée et élargie dans ce but.
Sécheresse : déjà 9 Mrds € de pertes annuelles
En matière de gestion de l’eau, des solutions d’adaptation organisationnelles et techniques sont nécessaires, souligne Bruxelles citant dans le domaine de l’agriculture la réutilisation durable de l’eau, la gestion des sols et du couvert végétal, les cultures résistantes à la sécheresse, l’agriculture verticale, voire l’aménagement du territoire et la restauration des zones endommagées. Les pertes économiques liées à la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes dépassent déjà 12 milliards d’euros par an dans l’UE. Les seules pertes causées par la sécheresse avoisinent les 9 Mrd€ par an et touchent principalement l’agriculture, le secteur de l’énergie et l’approvisionnement public en eau. Rien qu’en 2018, les dommages agricoles se sont élevés à quelque 2 Mrd€ en France, 1,4 Mrd€ aux Pays-Bas et 770 Mio€ en Allemagne. Avec un réchauffement climatique de 3°C, les sécheresses seraient deux fois plus fréquentes et les pertes annuelles absolues dues à la sécheresse en Europe augmenteraient pour atteindre 40 Mrd€ par an, les impacts les plus graves se situant dans les régions méditerranéenne et atlantique, met en garde dans sa stratégie la Commission.
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Et concernant les moyens à disposition, la Commission compte sur le fonds européen d’investissement, la Pac, le programme LIFE pour l’environnement ou encore le plan de relance. Et le programme de recherche Horizon Europe proposée prévoit déjà un volet sur l’adaptation au changement climatique. Enfin, sans plus donner de précisions, Bruxelles indique également vouloir se pencher « dans les prochains mois » sur les systèmes fiscaux des Vingt-Sept et le secteur des assurances, pour examiner comment ceux-ci réagiraient aux futurs dommages climatiques.