Le Grenelle de l'environnement est passé par là. Le gouvernement français se sent tenu de donner des gages aux anti-OGM. Et de suspendre la seule culture de maïs transgénique autorisée en France, le MON 810. Et pourtant en six mois d'exercice du Grenelle, on avait réussi à éviter une guerre inutile entre pro et anti OGM. La loi devait trancher et à temps pour les prochains semis grâce à la procédure d'urgence. Mais le président Sarkozy a passé la marche arrière lors de ses vœux : depuis, il n'y a plus d'urgence, la clause de sauvegarde pourra être déclenchée au nom de doutes sérieux des scientifiques. José Bové faisant grève de la faim et les municipales approchant à grand pas, le pouvoir perd tout sang-froid. Le président de la Haute autorité en cours de constitution a évoqué de nouveaux risques mais sans exprimer les doutes sérieux, ce qui fait dire à 14 scientifiques qui ont planché avec lui qu'ils ne se reconnaissent pas dans l'avis. La crédibilité du système d'expertise en prend un coup et le dossier va dépendre désormais de Bruxelles. Où la France semble avoir basculé dans le camp des anti-OGM. Coïncidence, la Commission vient, elle aussi, de faire un pas de clerc sur un sujet voisin : son nouveau projet de règlement Novel Foods ouvre la voie aux aliments clonés, …mais sans employer le mot. La périphrase « produits au moyen de techniques de reproduction non traditionnelles » ou « modifiés par des procédés nanotechnologiques » fait quand même scandale auprès des consommateurs, et aussi d'ailleurs du monde agricole.
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La Commission ne voulait pas être en reste au moment où aux Etats-Unis un feu vert est donné par la FDA . De peur d'un second contentieux à l'OMC en plus de celui qui se profile sur les OGM !