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Cocorico cherche à améliorer le bien-être des poulets de chair

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  Copiloté par l’Itavi et Inrae, le projet Cocorico actuellement en cours, vise à comprendre et expliquer les comportements du poulet de chair standard pour identifier ce qui pourrait être mis en place pour améliorer le bien-être animal tout en maintenant un juste revenu à l'agriculteur.

Démarré début 2021, le projet Cocorico, financé à hauteur de 500 000 euros par le Casdar et copiloté par l’Itavi et Inrae vise à coconstruire avec différents acteurs, chercheurs, ONG, éleveurs, distributeurs… un nouveau système d’élevage des poulets de chair standards conciliant le bien-être animal et un juste revenu à l’éleveur. S’il existe déjà des normes réglementaires européennes en termes de densité, de litière ou encore de luminosité pour les poulets en claustration, les participants au projet ont fait le choix de se placer du point de vue de l’animal, plutôt que de fier uniquement aux projections humaines, prédominantes jusqu’alors. « Comprendre et expliquer les comportements du poulet est à la base de notre réflexion pour identifier ce qui pourrait être mis en place pour améliorer leur bien-être », explique ainsi Laura Warin, chef de projet bien-être animal à l'Itavi.

Des études ont ainsi été menées sur le terrain sur la pertinence des perchoirs que certains éleveurs ont déjà mis en place. « Les poulets à croissance rapide, élevés en moyenne entre 30 et 35 jours n’ont pas les mêmes capacités de déplacements et de perchage que les poulets à croissance plus lente, donc il est important de réfléchir à des équipements adaptés, notamment la hauteur et la forme », précise Laura Warin.

Parmi les autres pistes d’expérimentations, Cocorico va se pencher sur les pratiques d’élevage avec des souches à croissance plus lentes, la réduction du nombre de poulet par mètre carré, ou encore la complexification du milieu de vie. « De bâtiments actuellement assez homogènes, on pourrait imaginer des lieux plus cloisonnés avec différents espaces, afin d’enrichir les zones à explorer et donc stimuler l’animal. Nous allons aussi nous pencher sur l’intérêt des jardins d’hiver, pour savoir s’ils sont utilisés et, si oui ou non, ils contribuent à améliorer le bien-être des poulets », indique encore l’experte.

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Sur la base d’analyses multicritères déjà réalisés dans le cadre du projet Cocorico, il a été possible d’identifier certains enrichissements à privilégier, notamment les ballots de paille, qui s’avèrent bénéfiques pour les poulets grâce à leur double fonction (perchage et picorage) et peu contraignants pour les éleveurs (peu couteux, repaillage, pas de nettoyage).

Le but de ce projet d’étude qui s’achèvera mi-2024 vise à éclairer les choix de demain de l’ensemble de la filière amont et aval, en fonction de coûts inhérents à ces changements. « Des échanges avec les interprofessions, les acteurs des filières et les distributeurs sont régulièrement organisés pour partager nos recommandations, voir comment combiner différentes solutions prometteuses pour améliorer le bien-être des poulets et réfléchir à la mise en œuvre pratique en élevages commerciaux de ces recommandations », conclu Laura Warin.