Le maître mot de Manuel Valls pour caractériser son nouveau travail est celui de l'efficacité. Et le nouveau Premier ministre poursuit en évoquant le caractère resserré de son gouvernement, permettant une cohérence de l'action. C'est ce que beaucoup d'acteurs économiques espèrent aujourd'hui. En agriculture, en particulier, bon nombre de représentants professionnels comptent sur une politique cohérente : que les objectifs économiques, surtout, souvent affichés, ne soient pas remis en cause par l'écologie ; en somme, que l'agroécologie, tant défendue par Stéphane Le Foll comme une synthèse entre économique et écologique, soit également défendue par le gouvernement dans son entier. Le ministre de l'Environnement tout juste arrivé, tout juste débarqué, Philippe Martin, avait donné de bonnes raisons au syndicalisme majoritaire de croire cette cohabitation possible. Ce syndicalisme, là voit arriver Ségolène Royal avec un peu d'appréhension : ils connaissent la force de volonté de la nouvelle ministre et sa capacité à mener à bien ses idées en s'appuyant sur l'opinion publique. Les agriculteurs la regarderont à l'œuvre, certainement avec intérêt, si l'on peut dire.
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Quant à la cohésion du gouvernement elle reste à démontrer. L'exemple des OGM montre que la concertation ne sera pas facile : en tant que candidat à la primaire socialiste, Manuel Valls s'était déclaré plutôt partisan des OGM et en tout cas pour une recherche massive sur cette « technologie d'avenir » ; Ségolène Royal, elle, avait soutenu dans sa région toutes les communes interdisant les OGM sur leur territoire : Stéphane Le Foll, prudent, distingue entre des OGM de l'ancienne génération sans intérêt sociétal, et les nouveaux, type riz doré, acceptables. Voilà plus de différences que de cohérence. La synthèse est-elle possible et sur quelle base ?