François Hollande ne manque pas de cohérence. En pleine période électorale, le candidat socialiste, dans une interview à Agra Presse, avait affirmé qu’il « existe un problème de compétitivité en raison des charges qui pèsent sur notre agriculture. » Evoquant aussi bien les industries agroalimentaires, il affirmait que « nous avons dans ce domaine à réfléchir sur les modes de financement de la protection sociale qui ne devraient pas reposer sur le seul travail. » Nommer Stéphane Le Foll comme ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, un homme depuis longtemps persuadé de l’importance des IAA et de leur compétitivité était un choix politique : le redressement productif passe, pour ces IAA, par une industrie aussi forte que celle de nos concurrents, et capable de valoriser les produits des agriculteurs.
Cette cohérence subit certes pas mal d’accrocs. Assez insidieusement, certains membres du gouvernement (l’écologie ou Bercy ?) s’apprêtent à faire augmenter des taxes sur ceci ou cela, à rendre plus contraignants des dispositifs protégeant la biodiversité. Mais que pèsent un ou deux pourcent de taxe en plus ou de contrainte renforcée face à la reconnaissance de l’agriculture comme une activité de production ? Voir le gouvernement socialiste reconnaître qu’il faudra bien faire appel à une TVA sociale pour alléger les charges pesant sur le travail mérite bien quelques concessions. Surtout dans un contexte où un ou deux pourcents de taxes peuvent être vite compensés par une journée de hausse des prix sur les marchés.