Ce n'est pas le moindre des paradoxes : un enchaînement médiatique particulièrement fort se déchaine contre les pratiques agricoles au moment même où la Commission européenne demande à ce secteur, comme à quelques autres, une accélération de ses efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
C'est évidemment un hasard. Mais il souligne à quel point le monde agricole devrait réfléchir à la manière d'expliquer son métier au grand public et notamment ses efforts d'amélioration écologique aux médias. Pour preuve, le numéro de Télérama de la même semaine titre : « Manger tue ». Mais Télérama nous a habitués à valoriser toutes les émissions qui dézinguent l'agriculture et passer sous silence celles qui la défendent. Il n'empêche. Il faut prendre de telles approches comme une donnée, ne pas s'en lamenter mais essayer de s'expliquer pour les faire évoluer.
Autre hasard, la coïncidence avec des négociations plus actives sur des accords commerciaux liant l'Europe au Mercosur et à la zone méditerranéenne. De tels accords sont a priori une bonne chose mais la question agricole doit faire l'objet d'un traitement particulier quant aux distorsions environnementales de concurrence. Le public, les médias généralistes et les écologistes semblent oublier que s'il y a des choses à dire sur l'agriculture européenne il y a encore bien plus à critiquer sur les pratiques de certains pays émergents. Ce ne sont pas elles qui sauveront la planète. Tout ceci mérite pédagogie, tant vis-à-vis du grand public qu'auprès des cadres de l'agriculture qui en sont en quelque sorte les ambassadeurs.
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