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Collaboration Deinove-Arbiom pour la fermentation de sucres cellulosiques

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Deinove (procédés de transformation de la biomasse avec les bactéries deinocoques) et Arbiom (conversion de résidus ligneux en lignine et sucres fermentescibles) démarrent des travaux en commun pour faire fermenter des sucres cellulosiques à l’échelon industriel, ont annoncé les deux sociétés le 14 mars. Objectif : puiser dans l’abondant gisement de biomasse sans empiéter sur la ressource alimentaire.

Deux sociétés de biotechnologie industrielle de la biomasse, complémentaires, vont mener des travaux communs pour convertir la matière ligneuse en sucres, puis en molécules d’intérêt industriel, comme les biocarburants et des molécules chimiques. Deinove, société qui met au point des procédés de production de biocarburants avec les bactéries deinocoques, et Arbiom, société qui développe la conversion de matière ligneuse en lignine et sucres fermentescibles, veulent « démontrer la synergie de leurs deux technologies pour la valorisation de biomasse végétale non-alimentaire ».

La première étape de la collaboration passera par la caractérisation de la biomasse d’Arbiom (résidus forestiers pré-traités à l’acide phosphorique et hydrolysés), et l’évaluation du potentiel d’assimilation des sucres extraits de cette biomasse par les bactéries déinocoques. Autrement dit Arbiom sera en amont de la chaîne, et Deinove en aval.

Deux sociétés issues de la recherche française

La seconde étape sera l’approfondissement de tests qui ont été effectués à l’échelle du laboratoire et qui se sont révélés « positifs et prometteurs », selon Deinove et Arbiom, sociétés toutes deux issues de la recherche française en biotechnologies. « Sur cette base, les essais vont être approfondis pour définir ensuite les molécules pouvant être produites par fermentation », précisent-elles. Ces molécules peuvent être des biocarburants, des plastiques, des substances pour l’alimentation humaine et animale et les cosmétiques.

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Démontrer la synergie des deux technologies pour la valorisation de biomasse végétale non-alimentaire

Les sources de cellulose sont variées : houppes des arbres coupés, écorces, sciure, pailles, miscanthus, swichgrass, taillis à courte rotation. Mais la préférence est donnée à la valorisation de sous-produits (les résidus forestiers et les pailles), les cultures ligneuses ne devant pas, en principe, occuper une place qui pourrait être prise par les cultures alimentaires, explique-t-on chez Arbiom. « Cette collaboration avec Deinove permet d’élargir l’éventail des applications de nos bio-raffineries », a déclaré Gilles Amsallem, p.-d.g. d’Arbiom. « Nous sommes ravis de constater que notre technologie fonctionne également sur la matière bois, ouvrant la voie à de multiples applications issues de la valorisation de résidus forestiers », a déclaré Emmanuel Petiot, directeur général de Deinove.

Deinove est basé à Montpellier, Arbiom au Génopole d’Évry, avec un pilote à Norton, en Virginie (États-Unis). C’est à Norton que se pourraient se dérouler les expérimentations.
Arbiom a déjà développé un procédé breveté de prétraitement et d’hydrolyse de la biomasse végétale, avec un focus particulier sur les résidus forestiers, riches en lignine. La société ambitionne de proposer des solutions clés en main de valorisation à des industries productrices de déchets végétaux. Arbiom, ex-Biométhodes, emploie 45 salariés, 12 en France et 33 aux États-Unis.