Abonné

Prospective Colloque TerrEthique : trois pistes pour nourrir 9 milliards d’individus en 2050

- - 3 min

Réfléchir à des solutions pour nourrir 9 milliards d’individus en 2050, tel est l’objectif du colloque TerrEthique qui s’est déroulé le 9 février à Paris. À l’issue des débats entre chercheurs, écrivains et économistes, l’espoir se tourne vers la recherche, le politique, et l’agriculteur.

Comment nourrir 9 milliards d’individus en 2050, sachant qu’aujourd’hui 1 milliard d’entre eux souffrent de la faim ? Comment faire, sachant que les ressources ne sont pas extensibles ? Autant de questions auxquelles les participants du colloque organisé par l’Association TerrEthique ont tenté de répondre le 9 février. Le changement pourrait éventuellement provenir de la recherche, du politique et de l’agriculteur.

Associer le travail du chercheur et du producteur
« La recherche est prête à relever le défi, explique Thierry Doré, enseignant-chercheur à AgroParisTech. Et elle le fait déjà. C’est un immense travail que d’inventer une nouvelle forme d’agriculture. » Actuellement la recherche se penche sur des solutions écologiquement intensives pour nourrir les hommes en 2050. « Les agriculteurs du Sud qui ont des surfaces faibles associent différentes plantes au sein d’une même parcelle, explique Olivier Réchauchère, auteur du livre Les Clés des Champs. Il y a là une piste où l’on voit un mode d’agriculture rentable et intense. » D’autre part, nombre de travaux prospectifs voient le jour afin d’aider à la préparation des orientations de la recherche publique dans les années à venir. C’est par exemple le cas d’ « Agrimonde » Cirad-Inra imaginant deux futurs possibles pour l’agriculture et l’alimentation en 2050.
« Ce qui se passe actuellement, c’est que les agriculteurs expérimentent eux-mêmes des solutions, explique Michel Griffon, directeur général adjoint de l’Agence national de la recherche. Il est fini le temps où les découvertes de la recherche étaient transmises par les chambres d’agriculture aux agriculteurs. » Un constat qui a amené Michel Griffon à exposer l’idée d’un « recensement des savoirs des agriculteurs » afin de les associer aux savoirs scientifiques.

Une régulation nécessaire
« Les problèmes que l’on ne peut résoudre ponctuellement par l’économie ou la science, seul le politique peut les résoudre », s’est exclamé Edgard Pisani, ministre de l’Agriculture de 1961 à 1966. Une idée que soutient également Luc Guyau, président indépendant du Conseil de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) et Fondateur de TerrEthique : « Il faut engager des réformes mais pas du jour au lendemain. Il n’y a pas de changement rapide possible. Il faut se mettre au travail. On tient le bon bout aujourd’hui. Il faut remplacer la Pac par une politique agricole alimentaire. » L’idée d’une gouvernance mondiale a aussi été évoquée par Edgard Pisani. « Il est nécessaire que soit inventé un Conseil de sécurité alimentaire et environnemental mondial », a-t-il déclaré. Mais c’est aussi pour éviter la spéculation sur les terres agricoles et ne pas renouer avec les émeutes de la faim que la nécessité de l’intervention politique a été soulignée. « Le rôle des Etats est très important en temps de crise, explique Bertrand Hervieu, inspecteur général de l’Agriculture. Les émeutes de la faim ont démarré au printemps 2008. Elles auraient pu faire basculer plusieurs régimes si les Etats n’étaient pas intervenu. »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.