À l’occasion d’un colloque final organisé le 24 mars par l’Inrae et Terres Inovia (institut technique), la filière colza a dressé un bilan du Plan d’action de sortie du phosmet (2022-2025), qui visait à trouver des alternatives à l’interdiction de cet insecticide en 2023. Deux leviers de lutte alternatifs sont identifiés, dont l’un est déjà largement déployé. Il s’agit de la conduite culturale appelée « colza robuste » (apport d’azote après semis), qui vise à renforcer la capacité du colza à supporter les altises. Cette pratique, à laquelle une centaine de conseillers a été formée, avait reçu un soutien réglementaire du gouvernement, au travers du 7e plan d’actions nitrates (PAN) en 2023. L’autre résultat opérationnel, qui reste à déployer, est la technique des intercultures-pièges. Les résultats ont été, en revanche, décevants pour le biocontrôle, qui n’a apporté aucun résultat sur les trente essais réalisés.
Enfin, des travaux se poursuivent autour de l'« écologie chimique » (interactions chimiques entre organismes et environnement), qui pourra, à terme, « prendre la relève » des insecticides, selon le co-président du plan et directeur de recherche à l’Inrae, Christophe Lannou. Précurseur de la méthode du Parsada (recherche d’alternatives aux pesticides), à l’instar du PRNI (néonicotinoïdes en betterave), le plan Phosmet va y trouver des prolongements. Plusieurs projets (Ardeco, Altifast, Coleofast) ont été validés dans le cadre du Parsada, qui visent notamment à lutter contre l’altise du colza. Quoi qu’il en soit, la filière n’est plus en péril, pas seulement grâce au « colza robuste ». Trois ans après le lancement du plan, la filière affiche des surfaces de 1,3 Mha conformes à sa cible, indique-t-on à la Fop (oléoprotéagineux, FNSEA).
MR