Abonné

Invendus Comerso accélère son expansion

- - 3 min

Le spécialiste de la collecte de dons collabore avec plus de 300 grandes surfaces et associations caritatives en France et convoite d'autres pays européens dès 2018.

C'est une success story de l'économie circulaire ! Créé à Agen fin 2013 par Pierre-Yves Pasquier et Rémi Gilbert, Comerso est spécialiste de la collecte de dons de produits alimentaires (80%) et non alimentaires (20%) au profit d'associations caritatives (Agra Alimentation du 9 juin 2016). Elle innove avec sa plate-forme digitale permettant de gérer l'offre et la demande entre donateurs et bénéficiaires, d'identifier et géolocaliser (RFID) les produits dès leur prise en charge, tout en garantissant à la fois la traçabilité et le respect de la chaîne du froid, via une flotte de cinquante camions réfrigérés (sous-traitée à des entreprises d'insertion : Envie, Cogépart).

Comerso s'est lancée la même année que le Pacte national 2013 par lequel la France s'engageait à réduire de moitié le gaspillage alimentaire d'ici à 2025 (10 millions de tonnes de produits et 16 Mrd€ perdus par an selon l'Ademe). Ce Pacte est à l'origine de la loi Garot de février 2016 obligeant la grande distribution à faire don de ses invendus aux associations caritatives en échange de crédit d'impôt (60% de la valeur d'achat HT des produits concernés). Ce nouveau cadre législatif ainsi qu'une prise de conscience renforcée ont créé un marché de la collecte plus structuré et vertueux que celui du déstockage. "Notre service clef en main garantit le transfert de responsabilité, les meilleures conditions de transport et de suivi sanitaire de la marchandise et gère le suivi des attestations fiscales. Ce qui permet aux entreprises de mieux valoriser leurs invendus, en toute sécurité et en évitant toute cannibalisation", assure Pierre-Yves Pasquier.

Des économies à la clef

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Cette gestion plus efficace et responsable des invendus favorise, selon lui, des économies de 60 000 à 100 000 € par an et par point de vente, en fonction de la taille et du niveau d'implication du magasin concerné. Une étude confiée, fin 2016, par l'Ademe à Comerso, dans 10 magasins tests, a révélé que, à la faveur d'une meilleure prise de conscience, le gaspillage y avait baissé en moyenne de 22%. De même, un partenariat, noué depuis mars, avec le nouveau Leclerc de Mios (Gironde) a permis de distribuer plus de 67 000 repas en six mois.

Comerso a d'abord démarché les enseignes de la grande distribution (les seules visées par la loi), puis les industriels et, depuis début 2017, la restauration collective et les coopératives agricoles. "Les deux premiers représentent respectivement 80 et 15 % de notre activité, les deux dernières les 5% restants en sachant qu'elles sont plus difficiles à exploiter, pour des questions de logistique (chaîne du chaud, contenants) et compte tenu d'une relative méconnaissance de notre activité. Dans un contexte de forte croissance de notre activité globale, les industriels devraient monter à 30-35% dès 2018 et à 50% à plus long terme", poursuit Pierre-Yves Pasquier.

En attendant, Comerso (32 salariés aujourd'hui) annonce un quadruplement de son chiffre d'affaires en 2017 comme les années précédentes (un CA qu'Agra Alimentation estime à 4 M€), prévoit l'équilibre financier et l'implantation dans au moins un autre pays européen dès 2018.