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Plan Ecophyto Comité de suivi Ecophyto : la lecture de l’UIPP

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Alors que Stéphane Le Foll dressait, le 10 décembre, un bilan du plan Ecophyto, l’Union des industriels de la protection des plantes se montre satisfaite de certains positionnements du ministre, tout en regrettant d’autres.

À l’issue du Conseil national d’orientation et de suivi du plan Ecophyto, le 10 décembre, l’UIPP, l’Union des industriels de la protection des plantes, a quelques motifs de satisfaction, mais aussi des contre-messages, nous a expliqué Eugénia Pommaret, directrice générale de l’UIPP, lors d’un entretien. D’abord, « la réduction de l’usage de pesticides ne se décrète pas, pose Eugénia Pommaret. Les résultats viendront plutôt d’investissements sur les bonnes pratiques, de l’accompagnement, du matériel, des outils d’aide à la décision (OAD), de la formation, et du fait que les agriculteurs aient des solutions à leurs problèmes, y compris en termes de produits disponibles. Et le message du ministre, en ce sens, est plutôt positif ». Stéphane Le Foll, déjà l’an dernier, n’avait pas souhaité marteler l’objectif de réduction de moitié de l’emploi de pesticides et avait annoncé sa volonté de travailler davantage à décliner ce cap national par filière. Entretemps, 2018, l’horizon initialement visé pour atteindre cette baisse, est bel est bien passé à la trappe.
 
Pas de hausse de taxe pour les phytos
Autre motif de soulagement pour les adhérents de l’UIPP : Stéphane Le Foll semble désormais estimer que la hausse de la redevance sur les produits phytos n’est pas le bon outil. Le rapport commandité en ce sens, mais jamais rendu public, ne l’a, semble-t-il pas convaincu. Ce retournement est sans doute l’effet, analyse Eugénia Pommaret, de la levée de bouclier générale de la profession contre la fiscalité. En revanche, l’UIPP constate que le ministre sépare assez franchement les produits de biocontrôle de la lutte chimique et le déplore : « On a intérêt à clarifier ce message, dit Eugénia Pommaret. De la même façon qu’il ne faut pas opposer les types d’agriculture, il ne faut pas opposer des modes de protection des cultures. Et nous croyons à la complémentarité. Aujourd’hui, plus de 40% des produits phytos utilisés en production biologique proviennent des adhérents de l’UIPP, et 43% pour les produits de biocontrôle. » Enfin, alors que la loi d’avenir vise à renforcer la pharmacovigilance (la surveillance des effets des produits phytos sur l’environnement, la biodiversité, la santé), l’UIPP appelle à bien distinguer deux choses : les études relevant du suivi-post-AMM des produits phytosanitaires, qui incombent aux fabricants, et les dispositifs de surveillance des effets non intentionnels des produits sur la santé et l’environnement, qui doivent, insistent les industriels, relever de réseaux de surveillance et non uniquement des metteurs en marché des produits. Des amendements au projet de loi d’avenir seront déposés en ce sens, assure Eugénia Pommaret.

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