Alors que le Sial approche à grands pas, l’industrie agroalimentaire française va une fois de plus avoir l’occasion de prouver son dynamisme. Et, par là même, son attrait pour les investisseurs internationaux. Son marché, le tissu de ses entreprises et leur capacité à innover constituent autant d’arguments pour les agences Invest in France, qui ont pour mission d’attirer les capitaux étrangers, avec de belles réussites à leur actif.
Les investisseurs étrangers désireux d’investir en France peuvent faire appel aux services de l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII). Et s’ils ne songent pas d’eux-mêmes à l’Hexagone, cette agence publique a pour charge de les y inciter. Créée en 2001, elle remplace depuis cette date la Datar dans son rôle de prospection pour les investissements internationaux. Elle a pour mission d’attirer les capitaux étrangers en France, avec pour principal enjeu le maintien de l’emploi sur le territoire. Son président est nommé « Ambassadeur délégué aux investissements internationaux », il doit coordonner les actions de prospection auprès des investisseurs internationaux au sein du ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie. Clara Gaymard, épouse du ministre de l’Agriculture Hervé Gaymard, tient ce rôle.
Le premier bureau de l’agence à l’étranger, en fait celui de la Datar, a été ouvert en 1969 à New-York. Depuis, seize autres ont essaimé à travers le monde : quatre sont implantés en Amérique du Nord, huit en Europe et cinq en Asie. Ils ont adopté la dénomination « Invest in France Agency ».
Importance primordiale du marché
Quels arguments peut-on faire valoir lorsque l’on vend la destination France à des capitaux étrangers ? Quels sont ses atouts face à des destinations qui peuvent sembler plus évidentes comme la Chine ? La législation sociale, les 35 heures et d’autres spécificités locales peuvent effrayer les potentiels intéressés… Mais qu’on ne s’y méprenne pas, la France dispose d’atouts considérables. L’argumentaire des agences Invest in France s’articule autour de sept points. Premier argument, pour ceux qui penseraient que le coût du travail y est trop élevé : les 450 millions d’Européens et leur niveau de vie, surtout dans les pays proches de la France. « Ce qui importe le plus pour un investisseur, c’est le marché », confirme Ludovic Vallet, vice-président du bureau de Chicago, qui travaille depuis plusieurs années dans le développement économique. Or, la population, en France et dans les pays limitrophes, est plus que solvable. La Chine n’a pas cet avantage, d’autant que le prix du transport ne cesse d’augmenter.
Deuxième argument, qu’il est bon de rappeler : la France est une grande puissance économique mondiale, la quatrième en matière d’exportations de biens et la troisième en matière d’exportation de services. C’est aussi le deuxième pays au monde où l’on investit le plus. De très nombreuses entreprises étrangères y sont présentes et parmi elles, beaucoup des plus grandes multinationales de l’agroalimentaire. Cette présence rassure les inquiets.
La France est un pays d’entrepreneurs : dix de ses entreprises figurent dans les cent premiers groupes mondiaux. Son tissu économique regroupe 2,5 millions d’entreprises. L’innovation est, pour l’AFII, un autre argument qui plaide en faveur de la France. En 2002, la France a été le premier pays européen des créations d’emplois en recherche et développement. Chiffres à l’appui, et malgré les 35 heures, la France détient l’une des productivités du travail parmi les plus élevées au monde. Enfin, la France est un pays favorable aux affaires. Tous ces arguments seront prochainement repris dans une campagne de promotion de la France en tant que destination de capitaux. Des DVD seront distribués, destinés à casser des clichés parfois tenaces.
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Un tiers des investissements directs
Pour trouver des entreprises étrangères potentiellement intéressées, les agences disposent de bases de données. Elles visent prioritairement les entreprises déjà présentes à l’international. Comme dans les autres secteurs, pour la prospection, le réseau d’affaires a une importance primordiale. Les exemples d’implantations ou de partenariats passés entre les mains d’Invest in France sont nombreux. L’agence se targue de capter un tiers des flux d’investissements directs qui arrivent en France. Lorsqu’une entreprise est intéressée, elle a le choix entre deux solutions. Elle peut soit créer une usine ex nihilo, soit signer une acquisition. Dans ce cas-là, deux opportunités s’ouvrent à elle en fonction de ses moyens et de ses buts : elle peut investir dans une entreprise française saine, comme l’a fait Smithfield avec Jean Caby, ou reprendre une entreprise française en difficulté.
L’AFII s’occupe également des entreprises étrangères déjà présentes en France mais désireuses de procéder à des extensions. Par exemple, elle a œuvré pour le compte d’Harry’s, filiale du groupe Barilla, lorsque l’entreprise a décidé de créer son nouveau centre de production en France ainsi qu’une plate-forme de distribution, une opération permettant la création de 250 emplois à l’horizon 2007.
Relais régional
Le fabricant d’ingrédients japonais Ariake, qui s’est implanté dans l’Orne, a également eu recours aux services de l’agence, aidée et relayée par les collectivités locales. Ces dernières sont officiellement associées à son action depuis 2001, date à laquelle la Datar a créé l’association Invest in France Network dans le but de fédérer les acteurs du développement régional, les entreprises industrielles du secteur public et privé, les administrations et les institutions financières concernées. Le but de cette collaboration ? Faire participer les collectivités à l’offre d’implantations, monter des actions de prospection communes, et encadrer les actions de prospection.
Ces entités régionales travaillent aussi à l’étranger, dans le but d’attirer des capitaux étrangers dans leur région. L’une d’entre elles, Invest in Northern France, dirigée par Bertrand Walle, est en charge de la promotion du Nord-Pas de Calais. L’agence lilloise compte 40 personnes, dont le rôle est de surveiller le tissu économique de leur région, et d’approcher les entreprises françaises en quête d’un investisseur.